"Sage femme"

Mardi 2 mai 2017

http://mjc.chenove.net/lire-1831.html

Projection du film "Sage femme" de Martin Provost le mardi 2 mai 2017 à 20h30 et le mercredi 3 mai 2017 à 14 heures. Tarifs : 5€50 / 4€50 (adhérent)


Fiche du film :
Comédie dramatique française de Martin Provost.
Durée : 1h 57 min
Avec Catherine Frot, Catherine Deneuve, Olivier Gourmet

L'histoire :
Béatrice, une femme exubérante et libre d'esprit, appelle Claire, la fille de l'un de ses anciens amants. Claire, son exact opposé en terme de caractère, en veut à cette personne qui a fait beaucoup de mal à son père, décédé peu après qu'elle l'a quitté. Sage-femme appréciée et très impliquée dans la maternité où elle travaille, Claire se demande ce que veut Béatrice, qui n'a pas donné signe de vie depuis trente ans. Bizarrement, elle ne cherche pas à fuir celle qui ne cesse de faire des commentaires désobligeants sur ses choix vestimentaires. En fait, Claire voudrait des réponses à ses questions...

Quelques anecdotes sur le film :

Fable


La relation entre les deux héroïnes n'est pas sans rappeler la célèbre fable de Jean de la Fontaine, La Cigale et la Fourmi. Une référence totalement assumée par Martin Provost : "Pour moi, le film est une fable, mais une fable plus douce que celle de La Fontaine, que je trouve terrifiante, une fable dans laquelle j'essaie de dire que nous nous devons tous d'être à la fois un peu cigale et fourmi. Tout oppose Claire et Béatrice, mais peu à peu, cette opposition devient source de complémentarité, d'échange, de sagesse".

Hommage personnel
Avec son film, Martin Provost voulait rendre hommage à sa manière à la sage-femme qui lui sauvé la vie à la naissance. "Elle m'a donné son sang et m'a ainsi permis de vivre. Elle a fait cela avec une discrétion et une humilité incroyables", raconte-t-il.


"J'ai donc décidé de lui rendre hommage à ma façon et de lui dédier ce film, et à travers elle, de le dédier à toutes ces femmes qui oeuvrent dans l'ombre, vouant leur vie aux autres, sans jamais rien attendre en retour". Le réalisateur tient toutefois à préciser que son film n'a rien d'autobiographique : "Je n'ai pas voulu raconter mon histoire, parce qu'elle n'était qu'un prétexte à aller plus loin, mieux entrer en contact avec une profession qui me fascine depuis toujours. J'ai donc rencontré pas mal de sages-femmes, d'abord pour bien comprendre ce qu'on m'avait fait la nuit de ma naissance, et c'est ainsi, à travers leurs réponses, que s'est progressivement dessinée l'histoire de Claire. Je souhaitais à la fois montrer une sage-femme en prise avec la réalité de son époque mais aussi une femme à un moment charnière de sa vie".

Genèse
Martin Provost a écrit Sage Femme en pensant à Catherine Frot, Catherine Deneuve et Olivier Gourmet.
"J'avais déjà sollicité Catherine Frot pour jouer Simone de Beauvoir dans Violette, mais elle avait refusé le rôle. Elle est revenue vers moi après avoir vu le film en me disant qu'elle regrettait. Sa franchise m'a ému, je l'ai gardée en tête", se souvient le réalisateur, qui souhaitait également retrouver Olivier Gourmet après l'avoir dirigé dans ce même film. Martin Provost est tombé par hasard sur Catherine Frot à Prague, alors qu'elle tournait Marguerite. "Nous nous sommes parlé. Je lui ai dit que je pensais beaucoup à elle. Le lendemain le hasard a fait que j'ai rencontré Olivier Delbosc, lui aussi à Prague en train de produire Marguerite. Je lui ai raconté mon idée de film sur une sage-femme, et il m'a dit, ça alors, mon père est obstétricien. Je signe ! Il n'avait rien lu. A partir de ce jour, j'ai vraiment eu l'impression que le destin s'était mis en marche", confie le cinéaste.

Vrais accouchements


On peut voir vrais accouchements auxquels Catherine Frot a réellement participé dans Sage Femme. "Dans les films, trop souvent, les bébés qui naissent sont énormes et trop bien portants, ça sonne très faux ! Je voulais filmer la vie en vrai, l'essence même de la vie, ce par quoi nous sommes tous passés et non sa représentation plus ou moins édulcorée", affirme Martin Provost. "Pour cela, nous avons dû tourner ces scènes en Belgique car la loi française ne permet pas de tourner avec des bébés de moins de trois mois. Ce fut un travail long et complexe : il a fallu trouver des femmes qui venaient de tomber enceintes et qui acceptent que leur accouchement soit filmé six mois plus tard, trouver des maternités qui nous autorisent à le faire. Catherine Frot a suivi une formation. Elle a assisté à des accouchements en amont du tournage, y a participé". Six accouchements ont ainsi été filmés en direct.

Catherine Frot revient sur cette expérience inhabituelle pour une actrice : "L'idée de ce labeur aussi émouvant soit-il n'était pas anodine. J'ai finalement accepté car je savais que c'était partie intégrante du projet que me proposait Martin. J'ai donc procédé par étapes. J'ai d'abord demandé à assister à des accouchements afin de savoir si je pourrais éventuellement avoir des gestes appropriés. J'ai réalisé que tout ça était finalement très naturel, très normal. J'ai pris ensuite des cours avec une ancienne sage-femme qui m'a fait répéter sur des mannequins".

Avis de la presse :

  • "Le duo virtuose donne au film son relief et sa densité." (Le Parisien - Pierre Vavasseur)


  • "La délicatesse qui porte tout le film n'est jamais soulignée. Mais elle entoure d'affection les personnages et leurs interprètes, particulièrement, bien sûr, les deux Catherine. Elles sont tout à la fois romanesques et vraies, plus natures et plus brillantes que jamais." (Télérama - Frédéric Strauss)

  • "Par petites touches, avec une évidence nuancée et progressive, sans recourir à la manie du flashback explicatif, le cinéaste belge parvient à faire oublier quelques facilités pour accoucher d'un film doux et apaisé, moins doloriste qu'on pouvait le craindre." (Première - Christophe Narbonne)

  • "Réunies pour la première fois à l'écran, les deux comédiennes nous embarquent dans cette fable humaniste et tendre. Une jolie ode à la vie et à la liberté." (Femme actuelle - Valérie Beck)

  • "Martin Provost signe un très joli film, subtil et élégant, porté avec un égal bonheur par Catherine Frot et Catherine Deneuve." (La Croix - Arnaud Schwartz)