"Jusqu'à la garde"

Mardi 13 mars 2018

http://mjc.chenove.net/lire-1940.html

Projection du film "Jusqu'à la garde" de Xavier Legrand le mardi 13 mars 2018 à 20h30 et mercredi 14 mars 2018 à 14 heures. Tarifs : 5€50 / 4€50 (adhérent).

Séance spéciale le mardi 13 mars 2018 à 20h30 avec la présence de la Médiation Familiale de la CAF de Côte d'Or.


Fiche du film :
Drame, thriller de Xavier Legrand
Avec Denis Ménochet, Léa Drucker, Mathilde Auneveux
Durée : 1h33 min.

L'histoire :
Le couple Besson divorce. Pour protéger son fils d'un père qu'elle accuse de violences, Miriam en demande la garde exclusive. La juge en charge du dossier accorde une garde partagée au père qu'elle considère bafoué. Pris en otage entre ses parents, Julien va tout faire pour empêcher que le pire n'arrive.

Quelques anecdotes sur le film :

La peur à l'origine du film


Comme dans son court-métrage, Avant que de tout perdre, Xavier Legrand aborde dans Jusqu'à la Garde la violence conjugale, en mettant le spectateur sous tension. Le metteur en scène explique : "La peur est à l'origine de Jusqu'à La Garde. La peur que suscite un homme prêt à tout pour retrouver la femme qui veut se séparer de lui et fuir son extrême violence. Le personnage d'Antoine, interprété par Denis Ménochet, est une menace permanente pour ses proches. Il met son entourage sous tension, il n'entend que sa douleur, il est prêt à manipuler quiconque, y compris ses enfants. Les femmes qui ont subi des violences conjugales, comme celle jouée par Léa Drucker, sont tout le temps en alerte, elles savent que le danger peut surgir de n'importe où, n'importe quand, et n'épargner personne."

Un sujet tabou


En France, une femme meurt tous les deux jours et demi des suites de ces violences, et même si les médias en parlent, le sujet reste tabou comme nous l'explique Xavier Legrand. "Les victimes ont peur de se confier, les voisins et les proches ne disent rien, ils ne veulent pas s'immiscer dans un couple, une histoire privée. Le secret reste lourd. Je ne voulais pas en parler à la manière d'un dossier d'actualité. Comme dans Avant que de tout perdre, je désirais sensibiliser le public à ce drame en le traitant avec les armes du cinéma qui me passionne depuis toujours, celui d'Hitchcock, d'Haneke ou de Chabrol, un cinéma qui fait participer le spectateur en jouant avec son intelligence et avec ses nerfs."

Références de prestige
Trois films ont guidé Xavier Legrand dans l'écriture de Jusqu'à la Garde : "Kramer contre Kramer", "La Nuit du Chasseur" et "Shining". Ces longs métrages l'ont aidé à réfléchir aux thèmes qu'il voulait traiter ainsi qu'à trouver les humeurs et les ambiances que ses personnages traversent. Il confie :


"Kramer contre Kramer est un film sur le droit parental qui m'a beaucoup marqué. On y voit, pour la première fois, une femme abandonner l'exclusivité de la garde de ses enfants et il dépeint, avec une acuité terrible, la douleur de la séparation. La Nuit du Chasseur montre comment l'on peut se montrer sans concession avec les enfants pour arriver à ses fins. Shining m'a inspiré pour la dernière partie de mon film, la folie, l'enferment, la terreur. La violence conjugale peut mener à l'épouvante pure et c'est ce que je voulais raconter."

Travail de documentation
Avant de concevoir Jusqu'à la Garde, Xavier Legrand s'est beaucoup documenté : le réalisateur a ainsi fait des investigations auprès d'une juge aux affaires familiales, interrogé des avocats, des policiers, des travailleurs sociaux et même des groupes de parole d'hommes violents.


"Un sujet aussi délicat exige d'être au plus proche de la réalité tout en évitant de tomber dans l'écueil du simple documentaire, ou d'un drame social qui ne raconterait finalement qu'un fait divers. C'est en inversant le point de vue de l'histoire que j'ai pu mettre en exergue le suspense du quotidien. J'ai adopté une dramaturgie où nous suivons bien un « héros » : Antoine, mais du point de vue des différents obstacles qu'il doit surmonter pour arriver à ses fins : la juge, son fils et son ex-femme. Ainsi le spectateur vit en temps réel le doute de la juge, la pression subie par l'enfant et la terreur de la femme traquée."

Avis de la presse :

  • "« Tout tend vers le piège, l'étau se resserre peu à peu, dans un crescendo ­ absolument terrorisant. Et bouleversant. « (Télérama - Jacques Morice)

  • "Xavier Legrand livre un premier film dur mais terriblement efficace avec des acteurs exceptionnels : Léa Drucker tétanisée, Denis Ménochet imprévisible et l'étonnant pré-ado Thomas Gioria." (Ouest France - La Rédaction)


  • "Dans la lignée d'une direction d'acteurs à la Pialat. "Jusqu'à la garde" incarne un cinéma français régénéré : en Xavier Legrand, un cinéaste est né." (CultureBox - Jacky Bornet)

  • "Autopsie d'une séparation, ce premier long métrage entre documentaire, film social et thriller glace les sangs et frappe en plein coeur. Indispensable." (Bande à part - Isabelle Danel)

  • "Ce premier long métrage est un véritable coup de maître. Xavier Legrand dépasse les conventions d'un sujet de société et propose un film épuré à l'atmosphère étouffante, qui prend réellement aux tripes." (aVoir-aLire.com - Gérard Crespo)