"Le collier rouge"

Mercredi 9 mai 2018

http://mjc.chenove.net/lire-1962.html

Projection du film "Le collier rouge" de Jean Becker le mercredi 9 mai 2018 à 14 heures (attention : séance unique). Tarif unique : 4€50.


Fiche du film :
Drame historique de Jean Becker
Avec François Cluzet, Nicolas Duvauchelle, Sophie Verbeeck
Durée : 1h23 min.

L'histoire :
Dans une petite ville, écrasée par la chaleur de l'été, en 1919, un héros de la guerre est retenu prisonnier au fond d'une caserne déserte. Devant la porte, son chien tout cabossé aboie jour et nuit. Non loin de là, dans la campagne, une jeune femme usée par le travail de la terre, trop instruite cependant pour être une simple paysanne, attend et espère. Le juge qui arrive pour démêler cette affaire est un aristocrate dont la guerre a fait vaciller les principes. Trois personnages et, au milieu d'eux, un chien, qui détient la clef du drame...

Quelques anecdotes sur le film :

Naissance du projet


C'est l'ancier monteur de Jean Becker, Jacques Witta, désormais à la retraite, qui a parlé au metteur en scène du roman de Jean-Christophe Ruffin, "Le Collier Rouge". Witta était persuadé que le livre plairait à Becker et que ce dernier y verrait un sujet de film. Le réalisateur se rappelle : "En lisant, je me disais que les scènes de guerre seraient compliquées à mettre en scène pour un réalisateur de mon âge ! Mais après réflexion, en effet, l'histoire m'a touchée et j'ai décidé de me lancer, en sachant qu'il y aurait des gens qui m'aideraient dans les moments plus compliqués, comme Yves Angelo qui a été bien plus qu'un chef opérateur ou Louis mon fils, qui a été bien plus qu'un producteur. Il m'a soutenu avec beaucoup de force ... Et à l'arrivée, ça me fait plaisir quand on me dit que le résultat fait penser au travail d'un jeune metteur en scène !"

Facilité d'écriture


Ce qui a séduit Jean Becker dans le roman réside dans la facilité d'écriture de Jean-Christophe Ruffin. "J'ai dévoré «Le collier rouge» d'un trait, en me disant à chaque page que cette histoire était extrêmement visuelle tout en étant très simple à comprendre. J'aime ça aussi au cinéma : s'asseoir dans une salle, être entraîné jusqu'à la fin du film sans s'ennuyer...", confie le réalisateur.

Physiquement éprouvant pour Jean Becker
Jean Becker se rappelle du tournage du Collier rouge comme ayant été très éprouvant pour lui et notamment à cause des scènes de guerre où il devait diriger beaucoup de figurants dans les tranchées. Le réalisateur raconte : "Physiquement, pour moi, ç'est un tournage qui a été difficile...


Ma récompense, ce sont justement les témoignages de ces figurants dont vous parlez, des gens de la région où nous avons tourné en Charente, près de Montbron. J'étais dans ma petite cahute avec mes écrans pour regarder ce que nous venions de filmer, sous la pluie, dans la boue et quand ils passaient près de moi épuisés et crottés, ils me remerciaient... Alors non pas de leur avoir fait le cadeau empoisonné de ces conditions de tournage, mais simplement d'avoir fait ce film. Tous ces figurants étaient juste heureux d'avoir vécu quelques jours dans la peau de Poilus de la guerre 14-18 ! Ca m'a beaucoup touché..."


Pas un film de guerre


L'histoire du Collier rouge met en parallèle une confrontation entre deux hommes avec une histoire d'amour. Ainsi, pour Jean Becker, ce long métrage n'est pas un film sur la guerre. Il précise : "Il y a la dualité entre ces deux types, qui peut faire songer à Garde à vue ou Le Juge et l'assassin, avec une sorte d'enquête policière dans laquelle Lantier du Grez essaye de mettre à jour la vérité. Il y a également en effet une histoire sur la relation compliquée entre une femme et un homme, qui pense avoir été trompé par celle qu'il aime... Ce couple a lui aussi été malmené par la guerre : sans 14-18, Jacques et Valentine n'auraient jamais connu cette épreuve."

Une histoire moderne
L'histoire du Collier rouge se déroule en 1919 après la Première Guerre mondiale et, cent ans après, les thèmes du film sonnent d'une manière très moderne. La notion de héros, le rapport à la justice, le couple et la place de la femme dans la société... Jean Becker précise : "J'ai eu l'impression que le roman était déjà dépoussiéré sur le plan de l'époque ! Ce que raconte cette histoire est franchement révolutionnaire avec une attaque contre la manière dont on a traité les hommes de la guerre 14-18. C'étaient des héros, des vrais... J'adorais mon grand-père, qui avait vécu l'enfer des tranchées en étant blessé. Il m'avait parlé de la guerre et je me suis beaucoup documenté avant de faire le film. Quand on connaît le sujet, on comprend que l'Etat et les généraux ont envoyé des millions de gens à la boucherie. Où est l'aspect héroïque dans tout cela ?"

Avis de la presse :

  • "Du cinéma efficace à l'ancienne avec des acteurs et un chien qui imposent leur griffe." (Le Parisien - La Rédaction)


  • "La campagne française, des destins malmenés par la Grande Guerre et un chien qui attend inlassablement son maître à la porte de la prison : le réalisateur des " Enfants du marais " est en terrain familier. (...) son film atteint sa cible." (Le Nouvel Observateur - Nicolas Schaller)

  • "Le récit originel demeure et est bien traduit du roman de Rufin" (Culturebox - France Télévisions - Jacky Bornet)