"Les Invisibles"

Mardi 12 février 2019

http://mjc.chenove.net/lire-2045.html

Projection du film "Les Invisibles" de Louis-Julien Petit le mardi 12 février 2019 à 20 heures 30 et mercredi 13 février 2019 à 14 heures. Tarifs : 5€50 / 4€50 (adhérent).


Fiche du film
Comédie française de Louis-Julien Petit
Avec Audrey Lamy, Corinne Masiero, Noémie Lvovsky
Durée : 1h42 min.

L'histoire :
Suite à une décision municipale, l'Envol, centre d'accueil pour femmes SDF, va fermer. Il ne reste plus que trois mois aux travailleuses sociales pour réinsérer coûte que coûte les femmes dont elles s'occupent : falsifications, pistons, mensonges... Désormais, tout est permis !

Quelques anecdotes sur le film :

Sur la route des Invisibles


Louis-Julien Petit s'est inspiré du livre de Claire Lajeunie intitulé Sur la route des Invisibles. C'est elle-même qui lui a offert cet ouvrage qu'elle a écrit en complément de son documentaire réalisé en 2014 pour France 5, "Femmes invisibles, survivre dans la rue". Immédiatement séduit par le livre qu'il dévore en deux heures, le metteur en scène en parle à sa productrice, Liza Benguigui, qui en acquiert les droits.

Sur le terrain
Le réalisateur a rencontré pendant plus d'un an des femmes SDF dans différents centres d'accueil à travers la France, découvrant par la même occasion le métier des travailleurs sociaux, principalement des femmes.


Il a exigé de ses comédiennes le même investissement : Audrey Lamy s'est ainsi rendue dans un centre d'accueil à Grenoble où elle a aidé les bénévoles à faire les courses et la cuisine. Sarah Suco a, quant à elle, perdu beaucoup de poids et a fait la manche à plusieurs reprises "pour ressentir la honte et la violence des regards fuyants" raconte Louis-Julien Petit.

Réécriture
Louis-Julien Petit a écrit une première version du scénario qui penchait vers la chronique sociale mais il s'est aperçu avec sa productrice que cet angle était redondant par rapport au travail déjà effectué par Claire Lajeunie. Il est finalement reparti de zéro en octobre 2016 : "J'ai voulu démarrer le récit là où le documentaire de Claire se terminait, lorsque (la vraie) Catherine finit par obtenir une chambre dans un hôtel social ; "Les Invisibles" commence au moment où elle quitte ce logement pour retourner à L'Envol. Contrairement à la première mouture qui se passait essentiellement dans la rue, cette seconde version se déroule dans un centre d'accueil, permettant d'une part de plonger dans le quotidien des travailleuses sociales, mais aussi de donner à ces femmes SDF un toit, afin de les voir vivre au quotidien, de prendre le temps de les identifier et de s'attacher à elles".

L'humour avant tout


Malgré le sujet difficile des Invisibles, le réalisateur a souhaité réaliser un film solaire et porteur d'espoir, dans la lignée des comédies sociales anglo-saxonnes telles que "The Full Monty", "Pride", "My Beautiful Laundrette" : "J'ai voulu plonger le spectateur dans le milieu de la grande précarité par le biais de situations drôles et émouvantes, sans jamais éluder la réalité dramatique dont il est question, ne serait-ce que par respect pour ces femmes qui ont beaucoup d'autodérision sur leur situation, et rejettent toute idée d'apitoiement sur leur sort. Je me devais de les montrer telles que celles j'avais connues, dans la complexité de leur vérité, sans compassion particulière ni misérabilisme".

Des actrices issues de la rue
Le réalisateur a choisi des actrices non professionnelles pour incarner les femmes SDF de son film, à l'exception de Sarah Suco et Marie-Christine Orry. Il désirait engager des femmes qui avaient connu la rue et qui avaient réussi à en sortir ou qui vivaient en foyer d'accueil. Ainsi, 150 femmes ont été "auditionnées" lors d'entretiens où elles parlaient pendant une heure face caméra de leur vie. Des ateliers ont ensuite été mis en place pour les observer en groupe et mieux cerner leurs personnalités : "J'ai demandé à chaque participante de se trouver un nom d'emprunt, en choisissant celui d'une femme qu'elle admirait. Sur le tournage, nous n'avons jamais réellement su leurs vrais noms. Pour l'équipe, elles sont donc restées pendant deux mois Edith (Piaf), Brigitte (Macron), Lady Dy, Simone (Veil), Marie-Josée (Nat), Mimy (Mathy), etc... En pouvant s'abriter derrière une personnalité autre, elles ont trouvé le courage de se livrer dans toute leur vérité, en oubliant la caméra".


Afin de faciliter le travail à ces actrices en herbe, le film a été tourné dans la continuité de l'histoire. Pourtant, beaucoup ont quitté le navire dès le début, comme se souvient le réalisateur : "À la fin de la première journée de tournage, certaines sont parties définitivement, certaines ne sont pas venues du tout, c'était trop loin, trop compliqué, trop long... Au moins un tiers d'entre elles ont quitté l'aventure, seules les plus téméraires sont restées".

Avis de la presse :

  • "Une chronique sociale pleine d'humour et d'espoir pour rendre hommage autant aux femmes que la société a oubliées qu' à celles qui leur viennent en aide." (aVoir-aLire.com - Claudine Levanneur)


  • "On sort des Invisibles avec la banane parce qu'on s'est amusé sans jamais éprouver de mépris ou de méchanceté. Le rire y est franc, mais bienveillant." (20 Minutes - Caroline Vié)

  • "Avec ses répliques qui font mouche et ses interprètes impliquées, cette comédie sociale tendre et brute ouvre nos yeux sur les femmes à la rue." (La Croix - Corinne Renou-Nativel)

  • "Il y a bien des façons d'attirer le regard sur des gens ou des situations que le reste du monde n'a guère envie de voir. Les Invisibles a choisi la manière douce, elle est formidablement efficace (...)." (Le Monde - Thomas Sotinel)

  • "Un film offensif qui s'inscrit dans une veine féconde du cinéma français." (Marianne - Olivier de Bruyn)