"Green book"

Mardi 12 mars 2019

http://mjc.chenove.net/lire-2072.html

Projection du film "Green book" de Peter Farelly le mardi 12 mars 2019 à 20 heures 30 et mercredi 13 mars 2019 à 14 heures. Tarifs : 5€50 / 4€50 (adhérent).


Fiche du film :
Drame, biopic américain de Peter Farelly
Avec Viggo Mortensen, Mahershala Ali, Linda Cardellini
Durée : 2h10 min.

L'histoire :
En 1962, alors que règne la ségrégation, Tony Lip, un videur italo-américain du Bronx, est engagé pour conduire et protéger le Dr Don Shirley, un pianiste noir de renommée mondiale, lors d'une tournée de concerts. Durant leur périple de Manhattan jusqu'au Sud profond, ils s'appuient sur le Green Book pour dénicher les établissements accueillant les personnes de couleur, où l'on ne refusera pas de servir Shirley et où il ne sera ni humilié ni maltraité.


Dans un pays où le mouvement des droits civiques commence à se faire entendre, les deux hommes vont être confrontés au pire de l'âme humaine, dont ils se guérissent grâce à leur générosité et leur humour. Ensemble, ils vont devoir dépasser leurs préjugés, oublier ce qu'ils considéraient comme des différences insurmontables, pour découvrir leur humanité commune.

Quelques anecdotes sur le film :

The Negro Motorist Green-Book
"Green Book : Sur les routes du sud" emprunte son titre à un guide de voyage intitulé The Negro Motorist Green-Book. Publié chaque année entre 1936 et 1966, il recensait les commerces et autres établissements qui acceptaient la clientèle noire.


L'ouvrage était surnommé le "livre de Green", du nom de son auteur, Victor Hugo Green, un postier afro-américain de New York. Ne couvrant à l'origine que la région de New York, le livre s'est étendu à la majeure partie de l'Amérique du Nord, aux Caraïbes et aux Bermudes. Vendu dans des stations essence et par correspondance, le livre permettait aux voyageurs noirs de planifier leur trajet pour éviter tout harcèlement, toute arrestation et toute violence. L'abolition des lois ségrégationnistes Jim Crow en 1964 a rendu obsolète le "livre de Green", dont la publication s'arrêta en 1966. Son auteur, décédé en 1960, n'a pas connu la fin de la ségrégation.

Une amitié hors du commun
L'amitié entre Don Shirley et Tony Lip a duré plus de 50 ans. Après le voyage initial de deux mois, le duo s'est retrouvé pour une tournée d'environ un an. Le musicien a ensuite demandé à Tony Lip de devenir son chauffeur et son garde du corps lors de sa tournée européenne, mais ce dernier a refusé car il ne voulait pas être séparé plus longtemps de sa famille. Les deux hommes se sont éteints en 2013, à 3 mois d'intervalle. Pour Nick Vallelonga, Don Shirley était un ami de la famille : "J'ai rencontré le Dr Shirley pour la première fois quand j'avais 5 ans. C'était un homme élégant et très instruit qui s'exprimait bien. Il s'intéressait à la vie de famille de mon père et tenait à connaître sa femme et ses enfants. Il était très gentil avec mon frère et moi et nous apportait toujours des cadeaux. Je me souviens qu'il m'a offert des patins à glace quand j'étais petit. C'était quelqu'un d'unique".

Une thématique actuelle


Bien que se déroulant en 1962, Green Book résonne avec l'Amérique d'aujourd'hui, comme le souligne Viggo Mortensen : "S'extraire du temps présent permet de laisser derrière soi le bruit de fond constant de nos préoccupations et de nos préjugés, toutes ces choses qui nous empêchent d'entendre vraiment ce que l'autre a à dire. Quand, à travers un film d'époque [...], on observe la manière dont les gens se comportaient dans le passé, on en apprend souvent davantage sur le présent qu'avec un film se déroulant dans un cadre contemporain".

Avis de la presse :


  • "Un film édifiant au sens de ce que le conte moral a de meilleur, bons sentiments compris si difficiles à rendre sans béatitude bête." (Libération - Camille Nevers)

  • "Une ode subtile à la tolérance, et aux artistes." (Télérama - Jérémie Couston)

  • "Ce récit d'amitié si simple et si touchant, cette Americana rêvée des marges et des communautés amies, ce bruissement de douceur et de mélancolie l'inscrivent dans la pleine continuité d'une oeuvre que l'on pensait endormie depuis trop longtemps." (Cahiers du Cinéma - Vincent Malausa)


  • "Frank Capra aurait sans doute apprécié cet humanisme forcené subtilement revigorant, mais qui ne nie rien des terrifiantes réalités." (La Voix du Nord - Christophe Caron)