Compte-rendu Bistrot philosophique du vendredi 13 juin 2008

Mercredi 30 juillet 2008

http://mjc.chenove.net/lire-662.html

Le Collectif d'associations " Cultivons la Paix " réunies autour du programme Maison du Citoyen de la M.J.C. proposait vendredi 13 juin à la Plate forme Insertion Prévention Santé son bistrot philosophique sur le thème de la santé.
Entre deux coups de pied dans le ballon rond, la soirée a tout de même attiré une cinquantaine de personnes.




Yves Pautrat, vice-président de la M.J.C. et l'un des membres du Collectif " Cultivons la Paix " expliqua tout d'abord les raisons d'un bistrot philosophique " décentralisé ".
" Fin 2007, on a souhaité aborder le thème de la santé. Sur une dizaine de personnes, au cours de la réflexion, seule une ou deux connaissaient la Plate forme, d'où l'idée de cette soirée dans ces locaux.
Nous avons distribué 800 cartes d'invitation dans les habitations proches de cet Espace et auprès des professionnels de santé.


Merci à M. Jean Esmonin et une partie de son équipe municipale de nous recevoir ce soir, en présence de Brigitte Faure, infirmière au centre de soins, de M. Yves Naizot, directeur de la structure et Mado pour l'accueil. "

Introduction de M. Jean Esmonin, maire de Chenôve
" La santé est un problème essentiel. Je suis donc heureux d'être ici ce soir dans des locaux municipaux au sein d'un grand ensemble. En 2002, l'objectif de l'ouverture de ce Centre était, dans ce bâtiment collectif, d'offrir une unité de soins. La santé est un droit fondamental dans notre société. Nous avons créé volontairement ici un Centre dentaire mutualiste car nous avons constaté que beaucoup de familles n'avaient pas les moyens d'accéder aux soins dentaires. Ici, on ne refuse pas les bénéficiaires de la C.M.U. Soins, mais aussi ici prévention et hygiène de vie avec bientôt l'arrivée d'un second praticien.


Autre problème de société important dans notre population diversifiée : l'éducation sexuelle, d'où la création avec l'aide du Conseil Général d'une annexe du Planning Familial.
On y trouve aussi le centre de soins infirmiers et Inser'social, un service social géré par la SDAT (Société Dijonnaise d'Aide par le Travail), ce qui permet à certaines familles d'être accompagnées, suivies. On a relevé un défi, on a bagarré pour créer cette structure. L'optique, autre aspect du volet santé, se situe au Centre Commercial Saint Exupéry avec un centre optique mutualiste. On n'a pas voulu récréer ici ce qu'on appelle un dispensaire, mais une Plate forme Prévention Santé Insertion. "


Présentation de la Plate forme par M. Yves Naizot, directeur
" Après une position ambiguë de l'État vis-à-vis des populations fragilisées, nous avons monté la structure grâce à des financements européens. À l'époque, il y avait des carences importantes en matière de soins dentaires, après une étude dans les établissements scolaires : 63 % des enfants avaient des caries non soignées. La réponse sanitaire n'était donc pas satisfaisante. Les familles ne pouvaient pas payer ces soins. La réponse devait être une réponse de proximité, tout en permettant d'accueillir d'autres personnes de divers quartiers et même des personnes qui viennent de Nuits-Saint-Georges, Dijon, Sombernon. Ce concept de mixité sociale est cher à la municipalité. Ainsi, 6500 personnes par an viennent à la Plate forme dont 4000 pour les soins dentaires, plus de 1000 pour le Planning et le reste pour les soins infirmiers et l'insertion.
Je lance donc un appel ce soir pour que chacun fasse connaître la Plate forme. D'ailleurs, je peux déjà vous annoncer qu'à l'automne, la structure va prendre le nom de : Maison de la Santé. "

Intervention d'un médecin, responsable du " 15 Bis " depuis 2003
Associée au sein du Samu le 15, cette structure le "15 bis", fonctionne de 20 h à 8 h le matin avec des médecins généralistes, pour " soulager " les urgences de l'hôpital général de Dijon.
" Je dispose d'un DVD sur l'éducation du diabète en langue arabe et sous-titré en français. Je peux le proposer aux gens du quartier. "

Réponse de Jean Esmonin
" Votre proposition est intéressante. "

Intervention de M. Naizot
" Vous parlez de prévention, il y a ici un réseau et déjà des campagnes ont été faites pour parler du cancer du colon, du cancer du sein, du VIH et de l'hépatite. La Plate forme est aussi un relais. "

Question salle
" Y-a-t-il une prévention ou un dépistage concernant l'alcool ? "

Réponse de Jean Esmonin
" Le problème n'est pas encore traité ici, mais des associations accompagnent au sevrage. On ne pourra pas tout faire ici. Les médecins généralistes accompagnent aussi leurs patients. "

Intervention de Brigitte Faure, infirmière au centre de soins infirmiers de la Plate forme
" La SEDAP a monté un bus qui circule et peut recevoir individuellement les personnes et ce pour toutes les addictions. "

Intervention M. Yves Naizot
" Il y a différents types de problèmes d¹alcoolisme et différentes addictions. Nous avons été contacté il y a quelque temps et là aussi nous travaillons en réseaux. Il faut organiser une réponse collective et répondre individuellement.

Question Yves Pautrat
" Y-a-t-il un lien entre la Plate forme et l'Éducation Nationale ? "

Réponse Brigitte Faure, infirmière
" Le conseil général fait un travail dans les établissements au travers de la conseillère et des infirmières dans les écoles. On peut travailler ensemble, mais non, une infirmière extérieure n'entre pas dans les établissements. Il n'y a pas de relation institutionnelle. "

Question Gaby Blondaux, directeur M.J.C. Chenôve
" Un groupe de filles est parti à Montpellier avec deux animatrices de la M.J.C. Sur les six filles, seule une a osé se baigner. Les autres n'étaient
pas " fières " de leur corps. Les animatrices en ont reparlé avec les jeunes et il est envisagé de monter un projet avec elles. Il serait alors intéressant, pour élargir de public jeunes en particulier, d'organiser des visites ici avec tous les encadrants des différentes structures locales qui travaillent en direction de la jeunesse. Cela représente un fort potentiel d'acteurs qui peuvent ainsi jouer un rôle de relais dans l'information.
Réponse Jean Esmonin
" Oui, cela permettrait une meilleure connaissance de la structure, une démarche de persuasion, avoir la possibilité de communiquer dans les diverses associations. Pourquoi la MJC ou la maison des sports n'auraient-elles pas des dépliants de la Plate forme ?
On n'a pas le droit, d'après l'Ordre des Médecins, de faire de la publicité, mais cela pourrait passer par une simple implication des animateurs eux-mêmes. "

Question
" Y-a-t-il une prise en charge des malades psychologiquement ? "

Réponse
Non.
Mais précision d'une personne dans la salle, il existe l¹association " Revivre en Côte d¹Or ".

Question
Pourquoi ne pas parler de la Plate forme dans le bulletin municipal ?

Réponse M. Yves Naizot
" C'est en préparation avec une panoplie d'informations pour l'automne avec le changement d'appellation, ainsi qu'une meilleure signalisation. "

Précisions de Guy Andriot, conseiller à la retraite de l'URCAM (Union Régionale des Caisses d'Assurances Maladies)
" Cette structure est d'avant-garde et va dans le sens de ce qui va se passer dans le cadre des ARH (Agences Régionales d'Hospitalisation).
La Maison de la santé va dans le sens d'une réponse locale et qui ne peut fonctionner qu'en lien aussi avec l'extérieur comme le centre d'examen de santé. Le problème ici comme ailleurs est l'accessibilité et cela a un coût. L'URCAM et les CPAM ont voté contre le surcoût médical et les dépassements d'honoraires. Concernant, la santé mentale, aujourd'hui, il y a une importante mobilisation pour trouver des moyens accessibles. "

Réponse Jean Esmonin
" Un centre médico-psychologique est installé aux Grands Crus. "

Question
" Comment se fait la prise en charge médicale ? "

Réponse M. Yves Naizot
" Ici, il n'y a pas de médecin. Chacun pratique ses propres tarifs (dentiste, soins infirmiers) Pour la psychiatrie, la réponse n'est pas suffisante, mais l'on travaille avec le CHS (Centre Hospitalier Spécialisé) de la Chartreuse pour les populations qui souffrent. On partage les informations entre services sociaux et médicaux. Le seul problème est que la psychiatrie manque de moyen. "

Réponse Brigitte Faure
" La plupart du temps, les patients bénéficient du tiers payant. Peu font l'avance des soins. "

Un médecin généraliste de SOS Médecins
" À SOS Médecins, l'antenne est installée à Chenôve, nous sommes tous conventionnés et nous pratiquons le tiers payant. Pour la chirurgie et chez certains confrères non conventionnés, je déplore ces dépassements d'honoraires. "

Intervention d'un autre médecin
" On est en train de demander aux chirurgiens une certaine compréhension vis-à-vis de certains patients. Mais il faut souligner que dans le secteur public, à l'hôpital il y a de bons chirurgiens.

Précisions de Guy Andriot
" Le secteur 1 est conventionné sur la base des remboursements de la sécurité sociale, le secteur 2 est autorisé à effectuer des dépassements d'honoraires. C'est légal, mais il y a un projet pour plafonner ce dépassement à 80 euros. "

Réponse Jean Esmonin
" Je déplore cette irrégularité d'éthique médicale. Les médecins généralistes en secteur 1 respectent le serment d'Hippocrate. Les pouvoirs publics devraient prendre leurs responsabilités. Ils ne jouent pas leurs rôles, ils sont absents. J'appelle à la mesure, à la raison. "

Question Gaby Blondaux
" Des citoyens commencent à s'organiser. Il y a une évolution des consommateurs qui réagissent face à ces dépassements d'honoraires. Les informations, ainsi que les noms de médecins spécialistes ou chirurgiens qui pratiquent les dépassements d'honoraires circulent sur Internet . "

Réponse M. Yves Naizot
" La CMU a mis de l'égalité dans les soins et même si certains citoyens n'ont pas la CMU, il y a des aides avec les CCAS (Centres Communaux d'Action Sociale), une sorte de CMU complémentaire. C'est une organisation du pôle Sud de l'agglomération dijonnaise. "

Réponse Brigitte Faure
" J'accompagne les gens chez des spécialistes, nous sommes toujours bien reçus. D'où l'intérêt, pour éviter ces dépassements, d'être accompagné. "

Question Yves Pautrat
" Il y a eu un conseil municipal extraordinaire ces derniers jours à propos de la clinique de Chenôve. Pouvez-vous nous faire le point ? "

Réponse Jean Esmonin
" La clinique est le problème du pôle sanitaire du Sud Dijonnais dans le cadre du SROS (Schéma Régional d¹Organisation sanitaire). Pourquoi ? Sur une carte hospitalière, il faut délimiter les pôles et Chenôve est un pôle d'excellence avec la clinique avec une spécialité : l'orthopédie, un scanner, un pôle de kinésithérapeutes, les Rosiers pour la rééducation et même un service d'urgence qui a reçu plus de 10.000 personnes l'an dernier. Ces urgences soulagent le CHU.
Aujourd'hui, on nous fait la démonstration qu'avec la Générale de Santé, tout peut être concentré sur un même lieu. Un hôpital qui regrouperait : la clinique de Chenôve, celle de Fontaine, Sainte Marthe et les Rosiers. C'est une insulte à la population du Sud Dijonnais.
On s'est battu sur tout. On nous a déjà supprimé la maternité qui est regroupée à Sainte Marthe. Que faisons-nous avec ce financier qui n'est pas acteur de la santé ? C'est aujourd'hui une banque italienne, le propriétaire de la Générale de Santé, qui bénéficie d' une délégation de service public ! Attention, il n'y a pas que Chenôve qui est concerné mais les populations jusqu'à Nuits-Saint-Georges, Saint-Jean-de-Losne, etc. soit plusf de 40.000 habitants qui seront abandonnés. Nous avons eu plus de 6000 signatures contre la disparition de la clinique et aujourd'hui le problème réapparaît. Nous appelons toute la population à manifester. Le projet d'hôpital privé va se situer au Nord de Dijon dans le quartier Valmy, à la Toison d'Or. Toute la notion de proximité va être balayée. C'est une honte. Il y a un sentiment de révolte qui nous anime et il ne faut pas laisser faire, c'est le moment d'écrire dans le courrier des lecteurs du B.P. "

Question
" Y-a-t-il un soutien du maire de Dijon ? "

Réponse Jean Esmonin
" C'est vraiment mon problème"

Question Yves Pautrat
" Que peut-on faire par rapport au SROS ?

Réponse Jean Esmonin
" Le SROS existe, il n'y a plus rien à modifier. Sans clinique, il n'y a plus d'offre sanitaire, sans les Rosiers non plus. Un certain nombre de praticiens devraient être en phase avec l'intérêt général, le corps médical doit être derrière la défense du territoire, il va falloir se battre. "

Question
" Peut-on estimer le nombre de pertes d'emplois avec la fermeture de la clinique et des Rosiers ?

Réponse Jean Esmonin
" La Générale de Santé dit qu'il n'y aura pas de perte d'emplois. Il ne faut pas rêver !

Intervention de Gérard Jacob, membre du Collectif " Cultivons la Paix "
" Sur la liste des praticiens à la clinique de Chenôve, beaucoup ont un cabinet à Chenôve. Cela veut dire qu'ils ne resteraient pas à Chenôve.
Pourquoi n'y-a-t-il pas dans la Plate forme de médecins généralistes ? "

Réponse Jean Esmonin
" C'est un maillon qui manque, mais il y a déjà beaucoup de généralistes sur Chenôve, notamment avec SOS Médecins qui a une mission d'urgence la nuit et les week-ends. "

Intervention d'un médecin faisant partie de SOS Médecins
" SOS Médecins, ce sont des médecins libéraux, il n'y a pas de fonds public. Nous ne faisons que du soin complémentaire, c'est-à-dire un service de garde. Nous sommes 12 au total et l'on travaille de 20 h à 8 h le matin et les week-ends.

Question
La proximité urbaine n'est-elle pas un argument suffisant ?

Réponse Jean Esmonin
" Sur la question de la proximité, j'ai posé la question au directeur de l'ARH. Sa réponse est :
" Depuis Morey-Saint-Denis, il faut un quart d'heure pour être à Dijon et il n'y a pas d'urgence médicale. "
La notion de proximité n'est pas dans le SROS. Mais on ne pourra pas reprocher à la ville de Chenôve de ne pas s'être battue. Les élus que nous sommes, avons pris nos responsabilités et nous irons, s'il le faut, jusqu'à la désobéissance civique. Nous avons encore une chance de garder la clinique si la population en a la volonté et se bat avec nous.

Intervention Pierre Mortureux
" La proximité est un argumentaire pour le milieu rural. Il faut développer là aussi ce service public. On parle désormais plus souvent de clients plutôt que de patients. Une question : la clinique pourrait-elle avoir sa place à l'endroit de l'Arsenal ou de l'Établissement Régional de Matériel (ex E.R.M.)? "

Réponse Jean Esmonin
" Non car à cet endroit, un nouveau quartier va voir le jour. "

Intervention Gaby Blondaux
" Le service public de santé se préoccupe-t-il de l'évolution de la carte de santé? "

Réponse Jean Esmonin
" Aujourd'hui tout cela dépend d'une politique nationale. Dans le service public, nous avons énormément évolué, par exemple aujourd'hui avec la tarification à l'unité. Il y a certes des améliorations à faire mais pas dans le sens de la rentabilité. "

Intervention Guy Andriot
" Les facturations indues, ce sont des centaines de millions d'euros ; En Bourgogne, en 2007, le déficit budgétaire des centres hospitaliers est de plus de 100 millions d'euros. Comment résorber ce déficit ?

Intervention M. Yves Naizot
" Quand on parle de déficit naturel pour un service public cela veut dire meilleur rapport qualité/prix. Mais une logique humaine s'oppose à la logique financière. Certaines populations n'ont déjà pas le ressort d'aller consulter sur place, alors aller à l'autre bout de Dijon, à Valmy…"

Intervention Brigitte Faure
" Puisqu'on ne va plus pouvoir se soigner sur Chenôve, on va faire de la prévention. Des ateliers culinaires et santé vont se mettre en place dès septembre au centre social, sous forme de modules !"

La Plate Forme Insertion Prévention Santé regroupe un cabinet dentaire, un centre de soins infirmiers et un centre de Planification Familiale 10, rue de la Fontaine du Mail. Tél. 03.80.51.55.53.
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