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La M.J.C. contrainte de fermer ses portes cet été

la M.J.C. aura fermé ses portes cet été durant trois semaines. Cette situation exceptionnelle est la conséquence directe du désengagement financier de l'Etat...

Pour la première fois depuis 1981, la M.J.C. aura fermé ses portes cet été durant trois semaines du 28 juillet au 18 août. Cette situation, tout à fait exceptionnelle, est la conséquence directe du désengagement financier de l'Etat dans le soutien des dispositifs publics comme le Contrat Educatif Local, les loisirs de proximité jusque là soutenus par le FASILD, ou le contrat de ville desquels la M.J.C. obtenait des moyens d'accompagnement significatifs.

Pour l'année 2003, l'insuffisance de financement est évaluée à environ 42 000€, soit 9% du budget de l'association ! Dans ces conditions, le Conseil d'Administration a décidé de suspendre les activités jusque là organisées en direction des enfants, pré-ados et adolescents durant 3 semaines cet été et de proposer au personnel de prendre ses congés à cette période.

Cette décision, prise à contrecœur et jugée aberrante par les élus associatifs, les professionnels ainsi que les publics traditionnellement accueillis, traduit l'incohérence des nouvelles politiques gouvernementales qui, par exemple, invitent les jeunes à s'engager et à rejoindre de manière active la vie associative locale (Envie d'agir) tout en réduisant massivement les subventions aux mêmes associations !
Ce que regrettent les responsables de la M.J.C., c'est l'abandon par les pouvoirs publics de dispositifs structurants et incitatifs pour les populations locales, les jeunes en particulier, en considérant que les collectivités locales doivent prendre le relais et faire face ainsi à de nouvelles obligations.

Or, la plupart de ces collectivités sont impliquées dans les contrats de ville et ne peuvent se substituer à l'Etat tant leurs contraintes budgétaires sont déjà fortes.
La disparition des fonds jusque là consacrés au soutien du Projet éducatif local s'ajoute à la difficile gestion de sortie du dispositif « Emplois jeunes » pour laquelle la M.J.C. avait déjà alerté l'opinion publique en pointant le désengagement de l'Etat. C'est cette rupture brutale dans les financements que dénoncent la M.J.C. et ses partenaires, comme l'a fait récemment la Municipalité de Chenôve. Les deux conviennent que seul un engagement durable de l'Etat peut concourir à la réussite des politiques sociales et culturelles territoriales mises en œuvre par les acteurs locaux et qui visent en priorité le mieux vivre ensemble ainsi qu'une bonne intégration républicaine.

L'invitation qui est faite par les décideurs à la vie associative de nous orienter vers le secteur marchand pour trouver une alternative pour la pérennisation des emplois, ou de répercuter sur les usagers et adhérents les coûts inhérents au fonctionnement des activités éducatives proposées aux habitants jeunes comme adultes, relève d'une conception libérale qui s'inscrit dans les lois du marché et qui va anéantir tous les efforts qui ont été faits pour la prévention de la délinquance, l'éducation à la citoyenneté et la participation des habitants à la vie sociale et culturelle.

C'est parce qu'elle refuse cette orientation vers la marchandisation de ses activités que la M.J.C. a décidé, avec regret vis à vis des enfants, des jeunes et de leurs familles, de baisser le rideau durant ces trois semaines d'été.

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