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Retour sur la projection « On récolte ce que l'on sème »

La soirée de démarrage du « Mois du Doc' » (édition 2018) a vu la projection de la dernière création du réalisateur Alaa Ashkar « On récolte ce que l'on sème », une occasion unique de découvrir un artiste qui nous apporte un regard singulier sur la Palestine.


Le réalisateur Alaa Ashkar (israélien d'origine palestinienne) venait pour la seconde fois à la MJC de Chenôve. Nous avions eu le plaisir d'accueillir son précédent film documentaire « Route 60 » en 2014 qui présentait déjà la situation palestinienne, abordée en finesse à travers d'émouvants témoignages d'hommes et de femmes qui vivent dans une prison à ciel ouvert. L'association « La ligue des Droits de l'Homme » était à l'initiative de cette première diffusion et notre Maison fut ravie d'être de nouveau sollicitée pour être l'écrin du nouveau film d'Alaa « On récolte ce que l'on sème ».
Alaa a un parcours singulier, par ses origines (Citoyen israélien, Palestinien de Galilée), son souhait de parcourir le Monde (en Europe et au Moyen-orient) et son implantation en France afin de suivre des études de Sciences Politiques.


Pour cette dernière création, Alaa allait commencer un documentaire sur la mémoire palestinienne en Israël. Pendant les repérages en Galilée où vit sa famille, cette dernière a manifesté son inquiétude à l'idée de faire ce film. Il décide alors d'inclure sa famille dans le scénario et finit par nous livrer un récit intime sur l'évolution de son identité, depuis son enfance au sein de sa famille protectrice, jusqu'à l'âge adulte à travers ses voyages.

Son témoignage : « Quand j'était petit, j'ai tout naturellement accepté mon identité d'Arabe israélien, comme l'ont fait mes parents avant moi. J'ai cherché à comprendre comment ils ont vécu la période d'assimilation à l'État d'Israël, et leur première réaction a été le refus d'en parler, par peur des autorités. « La seule qui était naïvement réceptive à mes préoccupations était Miral, ma nièce de 12 ans. Comme moi à son âge, elle va à l'école arabe israélienne et apprend que les juifs sont enfin retournés chez eux après 2000 ans d'oppression et de souffrance en exil. Comme moi à son âge, elle ne sait pas ce que c'est la Palestine, rien n'est mentionné dans ses leçons de l'histoire du Proche-Orient au 20e siècle. »


Cette création a attiré un public nombreux (militants, cheneveliers et adhérents de la MJC) et plus de 150 personnes ont pu découvrir cette oeuvre. La démarche singulière et personnelle d'Alaa ont parfois dérouté, étonné puisque son film nous apporte une vision renouvelée de la situation palestinienne en Galilée. Loin des représentations d'oppression de contraintes fortes subies par le peuple palestinien, Alaa nous présente subtilement (avec beaucoup d'élégance dans les cadrages et le montage) des palestiniens qui se questionnent sur leur statut si particulier, leur histoire que l'on essaie d'enfouir et de masquer.
Comme il le conclut : « Pour moi, il est impossible de se projeter dans l'avenir, quel qu'il soit, sans connaître le passé, qui est très présent, d'autant plus lorsqu'il est caché. J'ai eu envie de revenir sur le processus personnel que j'ai traversé pour sortir de la prison intellectuelle israélienne et découvrir mon identité palestinienne. Avec une caméra discrète, je me suis laissé perdre dans des lieux, dans des paysages et dans des visages, connus et étrangers, pour retrouver mon chemin...»


Un grand merci aux partenaires qui ont permis cette belle rencontre, la Municipalité de Chenôve, l'UDMJC21 et le collectif associatif à l'origine de cette action : la Ligue des Droits de l'Homme, Amnesty International, le Mouvement de la Paix, le MRAP, l'Association France Palestine Solidarité 21, Les amis d'Al Rowwad.

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