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Conférence-débat vendredi 8 février à 20 h à la M.J.C. de Chenôve avec l’association “ Écoute mes mains ”

Thème
La langue des Signes Française (L.S.F) : pourquoi les sourds en ont-ils tant besoin ?

L’association “ Écoute mes mains ” est née en avril dernier à Dijon d’une rencontre, d’une amitié autour de Laurence Koehler (sourde profonde), aujourd’hui professeur de Langue des Signes Française (L.S.F.) à Auxerre (Yonne) et sous l’impulsion de trois personnes (Jacques Koehler, David Guerret et Amandine Perveux, tous trois travaillant dans le champ du Social), tout de suite sensibles à ce handicap et confrontés lors de leurs expériences professionnelles et
de leurs contacts personnels auprès du public Sourds aux difficultés de communication.

Amandine Perveux (secrétaire de l’association) a travaillé pendant une année en tant que préstagiaire au Clos Chauveau à Dijon.
“J’étais en contact avec un groupe de jeunes adultes sourds et je me suis rendue-compte qu’ils formaient une véritable communauté, étaient très solidaires entre eux puisque les échanges avec les entendants non signant étaient vite restreints, moi qui ne signais pas en L.S.F. à mon arrivée, je me suis sentie exclu, ce n’était plus eux qui étaient handicapés, mais moi ».

En 1881, le congrès de Milan (Italie) interdit la pratique de la Langue des Signes et prône l’oralisme pour communiquer. Il s’ensuivra des décennies entières où la communauté sourde devra se cacher pour « signer ». Le combat de la communauté sourde pour la reconnaissance de la L.S.F. a été difficile, chaotique. Avec le soutien d’entendants croyant à cette langue comme une richesse, ils se sont battus. En 1991, l’Assemblée Nationale reconnait la L.S.F. comme langue à part entière. En 2002, cette langue est valorisée de nouveau et trouve sa place dans les programmes de l’Éducation Nationale, en tant que nouvelle discipline officielle. La loi du 11 Février 2005 sur l’égalité des chances et les droits des personnes handicapées réaffirme le droit de chacun à l’accès, par exemple, à la scolarité quelque soit son moyen de communication.

« Travailler avec un sourd renvoie à nos propres difficultés. Comment faire ? C’est à nous aussi de nous adapter, comprendre et apprendre. En tant que monitrice éducatrice, c’était une démarche personnelle. J’ai appris sur le tas, au contact des sourds.
On ne nous apprend pas à l’école des travailleurs sociaux la Langue des Signes Française. Et pourtant, certains d’entre nous vont se retrouver à travailler auprès d’un public sourd.
Il y a beaucoup à faire pour les étudiants dans le milieu scolaire : sensibiliser à ce handicap « invisible », demander aux professeurs de faire le cours en face des élèves, prendre un micro adapté aux appareillages, utiliser au maximum des supports visuels, oraliser en ar-ti-cu-lant et mettre en place des interprètes français en L.S.F., des codeurs en Langage Parlé Complété (L.P.C.) des A.V.S. Auxiliaires de Vie Scolaire, des E.V.S. Emplois Vie Scolaire, des
preneurs de notes.

Au niveau culturel, à Dijon, tout n’est pas gagné. Certes, des efforts sont faits au fil des années pour permettre aux sourds d’accéder à la culture. Mais cela reste insuffisant. Il faut voir plus loin. Les sourds ne sont ils pas des citoyens à part entière ?
Nos objectifs dans l’association « Écoute mes mains » sont de promouvoir la L.S.F. en milieu scolaire, et de favoriser un pont communicationnel entre Sourds et Entendants. L’an dernier, à l’école maternelle Turgot pendant 6 mois, Laurence, professeur expert L.S.F. est intervenue dans les cinq classes, et au collège Malraux durant la semaine “ découverte ” en 2005 et 2006. »

Contacts pour rencontres et réservations pour la conférence
Courriels : koehler.laurence@free.fr davidguerret@orange.fr perveux.amandine@neuf.fr
Association “ Écoute mes mains ”
20 rue Févret à Dijon
Tél. Amandine Perveux (secrétaire) 06.17.89.40.81
M.J.C. Chenôve : 03.80.52.18.64

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