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Compte-rendu du bistrot philo : "commerce équitable - tourisme solidaire"

Le collectif d’associations « Cultivons La Paix » en partenariat avec le Comité Catholique Contre la Faim et pour le Développement (C.C.F.D. Équipe locale de Chenôve), réunis au sein du programme Maison du Citoyen de la M.J.C. de Chenôve proposaient vendredi 7 mars un bistrot philosophique avec pour thème :
« Commerce équitable-Tourisme équitable ».


Près d'une centaine de personnes était venue débattre du commerce et du tourisme équitable avec Zoulikha Benrahou, membre et salariée depuis deux ans d’une association marocaine Sodev (Solidarité et Développement Maroc), partenaire de C.C.F.D.


L’association Sodev est née en décembre 2001 suite à la rencontre de diverses personnes et à l’aboutissement de leurs expériences dans le développement. Sodev est aujourd’hui membre du Réseau Marocain de l’Économie Sociale et Solidaire (Remess) depuis sa création en février 2006.


Depuis 2002, Sodev anime un projet d’appui aux coopératives artisanales dans l’esprit du Commerce Équitable avec l’aide de Français, de Belges, de Catalans. Sodev soutient aujourd’hui huit coopératives (quatre de femmes, quatre d’hommes et c’est le hasard !) dans tout le Maroc.


On trouve les coopératives de tissage Nakasha à Salé (tapis « Boucherouite «, tapis, coussins et sacs « Hanbel », tapis de salles de bain et de plage et hamacs) et Al Ma à Kénitra (tapis « Rbati » et de haute laine, tapis « Hanbel »), pour l’huile d’Argan la coopérative Ajddigue à Tidzi (province d’Essaouira) de la confection avec la coopérative des femmes de Marrakech, la coopérative des bois de thuya sculpté Tamoule à Essaouira et celle Es Saada à Khémisset, la céramique à Safi et la vaisselle et les boîtes à bijoux Al Mostakbal à Safi.
Les objectifs de Sodev sont :
· Appuyer et accompagner des personnes et des petites structures dans leurs projets de développement communautaire et social
· Promouvoir le commerce et le tourisme équitable et solidaire à travers les projets
· Enrichir les liens entre les sociétés civiles marocaines et étrangères.
« À long terme, précisait Zoulikha Benrahou, ces coopératives devraient se regrouper et gérer elles-mêmes les boutiques pour faire face à la concurrence par exemple dans le domaine des tapis aux tapis turcs ou à la céramique de Chine. »


À l’aide de photographies, Zoulikha Benrahou montrait le fruit de l’arganier et son utilisation aussi bien en cuisine qu’en cosmétique (huile d’argan), tout en expliquant la préservation de la forêt.
Questions de la salle pour cette première partie sur le commerce équitable.
· Quelle est la clientèle dans ces coopératives : les Marocains ou les touristes ?
Réponse de Z.B
· Les deux, sachant qu’il faut expliquer aux Marocains pourquoi les produits sont plus chers dans ce système de coopérative.
· Je suis convaincu par l’huile d’Argan, mais où s’en procurer pour faire « marcher » ce commerce équitable ?
Réponse de Z.B
· Un catalogue est édité et l’on peut acheter par correspondance (Voir contact)
· Le commerce équitable est-il à ses débuts au Maroc ?
Réponse de Z.B
· Le gouvernement a créé au début ces coopératives mais sans aucun suivi. Désormais, les associations sont prises en main, sont accompagnées. Le commerce solidaire est tout récent au Maroc et certains n’en ont rien à faire ! Pourquoi est-ce plus cher dans les boutiques qu’aux souks ? se disent la plupart des gens. Nous faisons actuellement de la sensibilisation envers les Marocains.
· En quoi le CCFD aide Sodev ?
Réponse de Z.B
· Pour l’exportation des produits au travers de toutes ses filières. Les prix sont fixes dans les coopératives.
· Quel est le pourcentage du commerce équitable au Maroc ?
Réponse de Z.B
· Je n’ai pas les chiffres
Réponse d’un représentant à Dijon d’Artisans du Monde (association loi 1901)
· La première boutique de commerce équitable a ouvert en 1964 en Grande-Bretagne, puis aux Pays-Bas. En France, à Paris, en 1974 avec certains buts :
· Économique, c’est-à-dire acheter un produit à un prix juste pour une rémunération juste et en payant comptant
· Éducatif, dans les écoles par exemple en proposant des petits-déjeuners solidaires
· Politique, comme interdire l’esclavage et le travail des enfants et la recherche des débouchés locaux.
Le commerce équitable en France représente 0,7 % de l’ensemble du commerce total. À Dijon, la boutique (7 rue Charrue) a ouvert en 1995 et compte aujourd’hui trois salariés et une trentaine de bénévoles. Du 26 avril au 10 mai, ce sera en France la quinzaine du commerce équitable.
· Le commerce est-il équitable dans les grandes surfaces ?
Réponse du représentant d’Artisans du Monde à Dijon
· Les bénéfices des grandes surfaces sont énormes et ce n’est pas ce que j’appelle du commerce équitable. En France, on trouve essentiellement des produits alimentaires et qui doivent être obligatoirement labellisés.
Réponse Z.B
· Au Maroc, les grandes surfaces commencent à peine à mettre en place un petit espace essentiellement pour l’artisanat.
Question et réponse de la salle
· Peut-être faudrait-il préciser ce qu’est le commerce équitable ? C’est la rencontre entre l’offre et la demande avec des conditions et des cotations comme pour le café.
· Une jeune fille faisant partie de la commission Jeunes au sein du C.C.F.D. précise qu’à l’Université de Dijon le café équitable faisait seulement son apparition. Une enseignante ajoute que dans certaines écoles, l’éducation se fait aussi comme à l’école Saint Joseph avec des petits-déjeuners.


Le Tourisme Équitable et la culture solidaire
« Le tourisme équitable est à ses débuts au Maroc avec Tizi Randonnées par exemple, poursuit Zoulikha. Il faut bien préciser que ce genre de tourisme c’est : dormir chez l’habitant mais aussi vivre et manger comme lui, visiter sa région et même aller au travail avec lui. C’est vraiment le partage de la vie quotidienne. Contrairement à ce qui se pratique en France, le tourisme solidaire ne se fait pas chez les agriculteurs, qui, au Maroc sont des gens aisés. »


Question de la salle :
· Où trouver un circuit ou une agence de voyages qui propose ce genre de tourisme ?
Réponse Z.B
Pour l’instant, il n’y a pas ou peu de structure (un gîte d’étape à Tagdilt et à Ouanskra, construction d’un gîte rural à Aït Japer dans le Moyen Atlas). Le mieux est de partir en individuel ou alors envoyez-moi un mail et je vous organise un circuit. «
Un Marocain dans la salle se propose d’emmener un groupe chez ses frères ! Le défi est lancé !
« La culture solidaire, c’est valoriser le patrimoine de la culture locale. En projet : le soutien d’une association théâtrale qui propose un théâtre militant autour de thèmes de sociétés. »
Question de la salle
Comment évaluer, calculer le temps pour tout ce qui concerne la culture solidaire ?
Une question qui fait de nouveau sourire Zoulikha qui estime qu’en France on a toujours besoin de compter !
Question et réaction de la salle
Nous avons en effet besoin de chiffres pour repères et pour encourager le commerce et le tourisme équitable. Mais le tourisme solidaire l’est-il vraiment ?
Question d’une jeune fille
Qu’est-ce qui fait qu’un CD soit solidaire ?
Réponse Z.B
60 % sert à la fabrication du CD, 20 % pour les charges et 20 % revient à l’artiste.
Conclusion Pierre Lannaud du C.C.F.D
« La présence du C.C.F.D. et de Sodev illustre le suivi des actions, le soutien à toutes ces actions et ces projets. Là, on sait où va l’argent. »

Le catalogue des coopératives est à la disposition de chacun sur simple demande à la M.J.C. Consultation sur place.


Contact : SODEV 46 avenue Mly Abderahmane n°1 Kénitra Maroc. É-mail : sodev.boutique@hotmail.com
Tél. (212-37) 36.68.63. Fax : (212-37) 37.40.09.
Gîte Tazitounte www.tazitoune.com
www.cultures-solidaires.com


Les prochains rendez-vous des bistrots à la M.J.C. sont : le 25 avril autour des problèmes de délinquance des mineurs, le 13 mai à propos des soins de santé sur Chenôve sans oublier les repas de quartiers en juin.

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