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Retour sur une soirée débat avec l'association "Ecoute mes mains".

Plus d’une centaine de personnes se sont rendues à la M.J.C. de Chenôve vendredi 8 février dernier pour la soirée débat autour de l’association “ Écoute mes mains ”.

Après les interventions de Laurence Koehler (sourde) professeur de L.S.F. et intervenante dans l’association “ écoute mes mains ” pour souhaiter la bienvenue et celles de David Guerret (entendant), président de l’association “ Écoute mes mains ”, Bertrand Lamirel (entendant), directeur de l’Institut d’Éducation Spécialisée Handicap Auditifs d’Auxerre (IESHA) dans l’Yonne et Olivier Schetrit (sourd), professeur de L.S.F à Paris à l’International Visual Theater (I.V.T.), comédien et conteur, les questions de la salle étaient nombreuses et traduites en Langue des Signes Française par deux interprètes professionnels : Laurent Auvitu et Christine Peuch.

Delphine, directrice du centre de formation VisuelLSF à Dijon
“ La formation doit commencer tout petit déjà. Mais je ne vois pas beaucoup de parents même en 2008 et c’est grave. On a des étudiants dans notre centre de formation mais des parents, non et ce n’est pas normal. Cette situation perdure et je vous encourage donc pour votre association ”.

Michel Cartier, chargé de mission du pôle handicap à l’Université de Bourgogne
“ Ce qui m’intrigue, c’est la loi de 2005 (ndlr : la loi de 2005 porte sur l’Égalité des chances à l’école, des personnes handicapées et leur accès en milieu ordinaire quel que soit le handicap) qui annonce que les enfants sourds doivent être dans une école “ normale ”. Quand est-il, à part l’Institut à Auxerre, quand est-il dans les Universités ? Comment expliquer ce décalage entre la loi de 2005 et l’école d’aujourd’hui ?

Réponse de Bertrand Lamirel d’Auxerre
“ Le texte prévoit l’égalité des chances pour l’accessibilité pour les handicaps moteurs plutôt en “ milieu ordinaire ”. S’agissant de sourds, les moyens ne suivent pas pour honorer les “ ambitions ” de cette loi.
Dans l’Yonne, il n’est pas possible à un élève sourd d’être en “ toute sécurité ” en scolarité “ normale ”. Si je le faisais, je mettrais ces élèves sourds en danger. Oui, quelques jeunes vont à l’Université, mais quels moyens on met en œuvre dès le départ pour qu’ils aient cette chance ?

Question de la salle
Quelle est la différence entre la Langue des Signes Français et le L.P.C. (Langage Parlée Complète) ?
Réponse d’une personne qui monte sur l’estrade
“ La L.S.F. est une langue à part entière, le L.P.C. est une aide, une complémentarité, un code à côté du visage. À l’école, pendant la scolarité, par exemple, il faut un codeur pour ceux qui s’expriment en oralisant et qui on fait le choix du L.P.C. Moi j’ai fait l’école ainsi avec un codeur.

Question salle
Alors faut-il une intégration ou un retour dans les instituts comme avant ?
…Pas de réponse !
Question salle
“ En tant que parents sourds comment raconter un conte à notre enfant entendant, comment se situer par rapport à nos enfants entendants ?
Réponse du comédien
“ Je veux préciser d’abord que c’est important de signer les contes.
Moi je me suis adapté à mes parents et pas le contraire. J’ai appris l’oralisme. Mais c’est vrai que quand ils racontaient une histoire drôle, tout le monde riait et j’en faisais autant même si je ne comprenais rien.
Moi quand je signe, c’est ma langue naturelle, je ne me pose pas de question. Les enseignants doivent être tous sensibilisés.
Réponse Bertrand Lamirel
“ Nous faisons en interne un effort de formation d’une à deux heures par semaine pour tous. Par exemple, une femme de ménage qui croise un sourd, elle dit “ Bonjour ” en langue des signes. On demande bien sûr sans cesse des moyens supplémentaires. Mais il faut savoir ce qu’on veut faire avec la LSF et quels moyens on met en face ?
Question salle
Oralisant c’est quoi au juste ?
Réponse Bertrand Lamirel
“ En LSF, une seule phrase égale une seule expression. J’ai découvert ma langue le Français à travers la langue des signes. Se tromper avec un seul mot en signant change complétement la signification et du mot et de la phrase. ”
Question salle
Y a-t-il une langue des signes universelle comme l’Espéranto ?
Réponse du comédien
“ L’Espéranto est-il si efficace ? Chaque région en langue des signes a son “ accent ”, mais en une journée un sourd Espagnol pourra comprendre un sourd Français. Les bases sont communes. ”
Question sur l’estrade d’une mère de famille sourde qui était dans une école spécialisée à Chambéry.
“ Comment apprendre la lecture à une enfant de cours préparatoire ?
Réponse BL
“ À Auxerre, nos élèves sont âgés de 2 à 16 ans, mais nous manquons de moyens. Il faut faire le forcing auprès de l’Éducation Nationale ou en milieu scolaire avec une AVS (Aide de Vie Scolaire) ”

Laurence Koehler remercie chacun et David Guerret émet le souhait d’une rencontre régulière à la M.J.C. car de nombreux thèmes restent à aborder.
L’assemblée générale de l’association devrait se tenir début avril. Pour plus de précisions merci de prendre contacts avec les membres de l’association.

Retrouvez les interventions intégrales de David Guerret (entendant) !
* , président de l’association “ Écoute mes mains ”, Bertrand Lamirel (entendant) !, directeur de l’Institut d’Éducation Spécialisée pour Handicap Auditifs d’Auxerre (IESHA) dans l’Yonne et d’Olivier Schetrit (sourd) !intervention comédien, comédien professionnel à l’International Visual Theater (IVT) à Paris et professeur de LSF en région parisienne.

Contacts :

“ Écoute mes mains ”
20 rue Fevret
21000 Dijon
koehler.laurence@free.fr (Professeur)
davidguerret@orange.fr (Président)
perveux.amandine@neuf.fr (Secrétaire)
Notre association “ Écoute mes mains ” a été créée en avril 2007 sous l’impulsion de professionnels de l’éducation spécialisée sensibilisés au handicap de la surdité. Notre but est de promouvoir la Langue des Signes Française (L.S.F.), auprès des enfants et adolescents, sourds et entendants en milieu scolaire. Nous avons travaillé l’année dernière avec l’école maternelle Turgot. Laurence Koehler, professeur expert de L.S.F. pour notre association, est intervenue dans les 5 classes (petite, moyenne et grande section). Elle est également intervenue au collège Malraux durant la semaine “ découverte ”, en 2005 et 2006. Nous avons pu constater qu’au-delà des objectifs linguistiques, d’apprentissage et d’activité d’éveil face à la L.S.F. (projet d’école sur la communication non-verbale), cela a permis de travailler des points clés sur lesquels s’appuie l’école :
· La citoyenneté : apprendre à se saluer, à se connaître, découvrir et accepter la différence.
· La solidarité : on tentera de responsabiliser les enfants face au handicap de la surdité et de briser les représentations négatives concernant les personnes sourdes.
· L’intégration : chacun doit trouver sa place au sein de l’école (loi du 11 février 2005 sur l’égalité des chances à l’école).
· La socialisation : on encouragera les enfants à aller vers les autres (professeur sourd, personnes sourdes), à partager une nouvelle langue (LSF) et à s’ouvrir sur une autre culture.
· Objectifs méta-linguistique : se familiariser avec une nouvelle langue gestuelle, apprendre à utiliser son corps de façon optimale, acquérir un vocabulaire de base permettant un début de communication entre la personne sourde et l’enfant.
· Objectifs linguistiques : vocabulaire, syntaxe, grammaire, maîtrise des 5 paramètres de la L.S.F. (configuration, mouvement, espace, mimique, direction)
· L’épanouissement : bien-être corporel, importance du regard, du silence, s’approprier la gestuelle de l’autre, développer une dynamique d’expression et de confiance en soi.
Parce que nous croyions à la communication, à l’échange entre les Hommes, parce que nous considérons la différence comme une richesse, parce que nous pensons que les langues vivantes sont essentielles à des relations Humaines riches.
Et parce qu’à l’heure de grandes lois favorisant l’intégration scolaire des enfants handicapés (loi du 11 Février 2005), il faut préparer les générations futures à accueillir la différence comme une richesse.
Notre association se donne pour mission de favoriser un pont communicationnel entre la communauté sourde et le monde entendant.


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