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BISTROT PHILOSOPHIQUE, LA VELORUTION EST EN ROUTELe collectif "Cultivons la Paix", composé d'une quinzaine d'associations à vocation sociale et culturelle réunies dans le programme prioritaire labellisé Maison du Citoyen animé par la M.J.C. de Chenôve, proposait une soirée sur le thème : "Le vélo dans l'agglo ou la Vélorution est en route". Emmanuel Putigny, animateur à la M.J.C de Chenôve (qui ne possède plus de voiture, mais roule à vélo avec...un petit moteur [vélo à assitance électrique ]! ) devait, avant de lancer le débat en compagnie de Pascal Courty du collectif "Cultivons la Paix" , tordre le cou à pas mal d'idées reçues sur les accidents à vélo avec quelques tableaux explicites.
Un petit tour de salle, qui réunissait une trentaine de personnes, permit un éclairage sur l'utilisation par les uns ou les autres, d'un deux roues. Yves Pautrat, administrateur de la M.J.C. se classe d'après les études menées, chez les hédonistes, ceux qui préfèrent rouler à la belle saison ou en hiver uniquement pour des petits déplacements dans Chenôve et éventuellement pour aller au travail (6 km environ) ce qui représente le même temps qu'en voiture ! Son regret ? Beaucoup de chaussées déformées, les trous, les plaques d'égoût, l'écoulement des eaux. Bref, pas mal d'obstacles qui n'incitent pas à circuler en ville à deux roues. Il faut, d'après lui, développer les pistes cyclables mais faire attention à ce qu'elles soient "confortables". Gérard Jacob (ancien postier, ça aide, non ?) est un inconditionnel. Chaque fois qu'il sort de chez lui (il habite Chenôve) c'est à vélo ! Quelques réfléxions féminines : · "J'utilise le vélo pour aller travailler car ce n'est pas loin et pour me déplacer en ville. Mais pas quand il fait froid, là je choisis la voiture". · "Je suis une inconditionnelle, même pour faire les courses". · "Je suis toujours à vélo pour aller au travail, il n"y a que la neige et le verglas qui m"arrêtent et là je prends le bus". · "J'utilise le vélo quand il fait beau et c'est plutôt pour moi une détente. Le soir, je n'ose pas sortir avec, j'ai peur toute seule". · "Moi aussi, j'ai peur le soir et je ne sors que par beau temps". · "Nous faisions du vélo avec les enfants, des balades, aujourd'hui, je trouve toujours une excuse pour ne pas en faire". · "Je faisais du vélo et combien de fois je me suis fait "raser"par un autre vélo qui circulait sur le trottoir, sans parler du lac Kir". Quelques réflexions masculines Pascal Courty : - "Au travail, on avait toujours besoin de deux voitures même pour les petits trajets et comme il n'y en avait qu'une, il fallait la réserver, c'était compliqué. On nous a refusé l'achat d'un second véhicule, mais dit oui tout de suite pour un vélo. Alors celui qui fait les petits trajets utilise le vélo. Mais le vélo, cela se fait de plus en plus dans les entreprises". · "Il faudrait que les vêtements s'adaptent et soient plus modernes surtout en hiver. Bon quand il y a de la neige, c'est joli, mais je n'ai pas une tendance suicidaire !" · "Je fais du vélo quand il ne fait pas trop mauvais et plutôt du VTT." · "Nous avons choisi notre résidence et la rue à Chenôve en fonction de la facilité d'utiliser notre vélo. Mais j'ai eu un sérieux accident sur le verglas et je conseille donc la prudence. Désormais avec mon compteur sur le vélo, je sais combien de km je fais par an : environ 3000. J'ai une petite recette : un bon café et ça roule tout seul !" · "Je suis un inconditionnel du vélo. Rentrer le soir après le boulot à vélo, on est assuré d'une nuit calme. Quand il pleut, ce sont plutôt les voitures qui me gênent, pas la pluie". · "Je prends mon vélo par tous les temps pour aller au travail, même quand il neige" · "Je suis un inconditionnel de la voiture. Je suis là ce soir pour me faire "évangéliser". Pour aller au travail, c'est dans le sens de la descente, mais pour le retour le soir...Je vais essayer !". · "Je suis pour la cause du vélo mais surtout en vacances. Dans les autres pays, je trouve qu'il y a une bonne cohabitation. C'est une façon comme une autre de se déplacer". · "J'en ai acheté un dans le cadre de ma professsion et pour les vacances que je passe dans les Landes, il y a tellement de bonnes pistes qu'on ne peut que rouler à vélo". Catherine Hervieux "Je fais du vélo, mais avec mon activité, je suis psychologue en milieu scolaire sur sept communes, j'utilise la voiture. Le vélo pour moi est très agréable, c'est un autre rapport avec les autres et l'environnement. Moi ce qui me gêne c'est le vent et la neige aussi. Dans le Grand Dijon, le vélo, c'est pour changer la ville. Depuis trois ans, l'évolution est lente, il faut faire beaucoup de changements non seulement en termes d'aménagements mais en prise de conscience de la population. À moins de trois kms d'un point à un autre, a-t-on besoin de sa voiture ? Nous venons de créer une commission extra-communautaire vélo, présidée par un élu, pour se poser des questions. Nous avons réunion dans un mois. Le premier constat : le vélo ce n'est pas pour faire de la vitesse mais c'est un autre mode de déplacement. L'essentiel des réalisations doit être pour les tortues et non pour les lièvres. En septembre 2004, un schéma directeur a été voté au Grand Dijon, il faut aujourd'hui cohabiter avec les voitures, les comportements vont se réguler. On le constate déjà depuis le printemps avec Vélodi (14 000 abonnés en six mois et déjà une extension de prévue en 2009). Regardez toutes les opérations de voirie qui sont nécessaires, les zones 30 qui sont à travailler en priorité, les aménagements vers la piscine olympique, le stade, en direction du lac Kir, les rues, le travail sur les équipements de stationnement, 1300 arceaux sont déjà installés, mais il faut encore des places de parkings en gare de Dijon, il faut travailler dans les bâtiments collectifs...Le montant des travaux sur trois ans est évalué à 3 229 209 euros. Quelques réalisations : la liaison Campus, bd Gabriel, bd Jeanne d'Arc, place Jean Bouhey, etc. Il y avait peu d'outils à disposition des vélos, aujourd'hui il faut sensibiliser les décideurs, éditer un guide des pistes cyclables, travailler avec les médias, travailler sur des évènements liés à la mobilité, travailler un plan de déplacement avec les entreprises (le vélo de fonction dans les entreprises, il en faudrait 500). Nous soutenons et aidons à la création de "La petite Reine" société de coursiers à vélo, "La bécane à Jules". Il faut mutualiser les expériences et j'espère qu'il y aura un colloque à Dijon à ce sujet en 2011, puisque je viens d'être élue au conseil d'administration du Club des villes et territoires cyclables. Le congrès, l'an prochain se tiendra à La Rochelle. La création d'un observatoire du vélo devra se faire pour la typologie des aménagements, le comptage, le travail sur l'accidentologie, l'impact sur les parts modales, sur le commerce au centre ville". Prise de parole du président de l'association EVAD (Ensemble à Vélo dans l'Agglomération Dijonnaise) Maison des associations boîte 7, 2 rue des Corroyeurs 21000 Dijon. 06.45.10.86.92. evad@fubicy.org Site www.evad-dijon.fr "EVAD fait la promotion du vélo en ville à Dijon depuis plus de 15 ans. On est là pour aider les élus dans leurs choix, lever les obstacles comme la peur. Il y a de plus en plus de vélos motorisés et en 2007 à Dijon, on ne compte que 24 accidents de vélo. Dijon est la ville où il y a eu le moins d'accidents. La météo ne doit pas être un frein à la pratique du vélo. C'est dans le Nord de l'Europe qu'il se pratique le plus, justement. On milite pour un réaménagement de l'espace urbain avec bien plus de Zones 30. On se préoccupe à la fois et du cycliste et piéton". Question salle : "Le Grand Dijon finance les aménagements, mais ailleurs et notamment à Chenôve, on a l'impression d'être inexistant. La part consacrée aux travaux est mal répartie dans l'agglomération. C'est un budget collectif et nous ici, on n'est pas défendu". Réponse et conclusion de Catherine Hervieu : "En 2001, Dijon avait reçu le prix du "Clou rouillé" avec pourtant un maire (Robert Poujade) qui était le premier ministre de l'environnement. Il n'a jamais voulu s'engager par crainte des accidents. Entre cette date et aujourd'hui, nous avons parcouru du chemin. De plus en plus d'élus se déplacent dans Dijon à vélo d'une permanence à l'autre. Ils ont un comportement exemplaire et puis cela commence à changer au niveau de l'agglomération. Un nouvel enjeu apparaît : "Comment inciter les entreprises à faire prendre le vélo à leurs employés ? Au Grand Dijon, il y a 220 personnes, le coût du vélo est de 15 euros par an, pour l'instant 50 personnes l'utilisent. Vélodi teste actuellement une entreprise pilote. Une seconde le sera prochainement. En fonction des résultats, nous communiquerons et inciterons les chefs d'entreprise à en faire autant". |
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