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Semaine du goût à la M.J.C.de Chenôve, ciné-débat.

La M.J.C de Chenôve, (2è ville de l'agglomération dijonnaise) association d'Éducation Populaire labellisée Maison du Citoyen par les Pouvoirs Publics en 1993, s'associait pour la troisième année à la semaine du goût, avec pour thème :
" Se nourrir aujourd'hui ".
Plus de soixante-dix personnes sont venues mardi 14 octobre à 20 heures voir le film d'Agnès Varda " Les Glaneurs et la glaneuse " suivi d'un débat avec des responsables des Restos du Coeur et de la Communauté Emmaüs de Norges-la-Ville et des compagnons (Côte d'Or).


Cette troisième édition est à l'initiative des administrateurs bénévoles de la M.J.C (1). Mardi dernier grâce au film d'Agnès Varda " Les glaneurs et la glaneuse ", on a pu découvrir combien plus de personnes qu'on ne pense récupèrent des surplus alimentaires pour survivre et pas seulement, des objets que d'autres disent " encombrants " et qui trouvent avec "ces chercheurs " une autre vie, une autre fonction.


Cette soirée était placée sous le signe de la solidarité et du partage. Pas de droit d'entrée à payer ! Mais chacun apportait un don alimentaire qui a été remis le soir même aux responsables des Restos du Coeur de Dijon (2). Après le film, Claude Lelièvre, (acccompagné de Jean-Pierre Perrier, responsable du suivi des centres de toute la Côte) responsable des manifestations des Restos du Coeur de Côte d'Or a expliqué son fonctionnement (2).
" Il y a une association nationale, explique Claude Lelièvre et 117 associations départementales. On peut aller au-delà de l'alimentaire avec les Relais du Coeur qui font de l'initiation à l'informatique, très utile pour faire son C.V, il y a un salon de coiffure, des permanences avec un médecin et un dentiste et tout est gratuit. Nous organisons six manifestations par an. On compte 5500 bénéficiaires, 680 bénévoles. On a servi l'an dernier 330.000 repas. La campagne 2008/2009 démarre le 1er décembre et va jusqu'au 27 mars, puis nous sommes en inter-campagne pour les plus démunis. Nous continuons donc de collecter pour tenir durant le printemps et l'été. La plupart des produits " classiques " (pâtes, riz) viennent des institutions européennes mais comme de plus en plus de personnes ont des besoins, cette provenance est en baisse. Par ailleurs, 28 % de la recette des concerts des Enfoirés sont redistribués. "
La communauté Emmaüs de Norges-la-ville, avec Claudine, bénévole à Norges, Mohamed au centre de Sainte Sabine, les compagnons Philippe, Pascal et Claude sont venus parler des communautés Emmaüs de Côte d'Or.


"À Sainte Sabine (centre d'hébergement), détaille Mohamed, nous sommes 25 compagnons, à Norges 115 (hébergement surtout de familles et 17 enfants scolarisés, il n'en existe que trois en France), à Planay (50), à Étang-sur-Arroux (près d'Autun en Saône et Loire) 60, à Sasoge près d'Arnay-le-Duc 18 et à Foulin en Haute-Marne 20.
Comment on fonctionne ? On arrive, on pose son sac, on vous garde s'il y a de la place, si on n'a pas de place à Norges ou bien ailleurs, on cherche dans d'autres communautés de la Côte d'Or. On ne laisse tomber personne. "


Questions salle :
" Les (objets) encombrants dans l'agglomération où cela va-t-il ? "
" Notre travail, explique Pascal, compagnon, consiste à tout récupérer et à trier. Le broyage se fait aussi " chez nous " à Genlis. Ce qu'on appelle " les encombrants " à Norges. On a le droit de récupérer tout ce qui est récupérable et l'on trie : le bois au bois, les papiers au papier (ce qui rapporte peu : dix euros la tonne) mais on n'a plus le droit de récupérer, et donc, comme on le faisait, de démolir et éventuellement de remettre en marche tout ce qu'on appelle le blanc : frigo, gazinière pour des questions de sécurité. Donc, qui va récupérer ce matériel ? Il y a des projets pour l'an prochain. L'usine d'incinération de Dijon est actuellement fermée car débordée et il y a priorité d'abord aux déchets hospitaliers, mais nous n'avons pas le droit de récupérer ce que les particuliers apportent et qui sont souvent récupérables pour nous.
Le prix des matières premières rapporte peu, nous vivons surtout à Norges de tout ce que l'on récupère et que l'on vend en magasin. Le bric à brac. Ouverture : le mercredi, samedi et dimanche. Mais, même si ce n'est pas pour nous, on ne jette rien, il y a des solidarités, par exemple : au Burkina-Faso (une partie de ce que les collectivités gagnent y est reversée) il y a aujourd'hui un dispensaire, une école, des parrainages (on finance les études de 110 enfants par an) et quatre cases sont construites pour servir d'internat. En Roumanie, nous avons pu sortir 20 orphelins de la rue et ouvrir un magasin, en Moldavie, nous avons récupéré quatre préfabriqués en France et ce sont aujourd'hui quatre classes, il reste à construire des toilettes et une cantine. "

" Quel pourcentage de compagnons repart dans la vie active ? "
Réponse : " Très peu "

" Ce que l'on vient de voir dans le film, les surplus alimentaires des supermarchés dans les bennes sont-ils vraiment arrosés d'eau de javel, pour ne pas être récupérés ? "
Réponse de Claude, les Restos du Coeur :
" En Côte d'Or, c'est la banque alimentaire qui récupère dans les grandes surfaces et redistribue à chaque association. Des supermarchés mettent effectivement tout à la benne, mais il n'y a pas de risque aujourd'hui, nous avons rencontré le nouveau directeur d'une grande surface et par exemple on peut désormais récupérer le pain le soir. Avant, quel gachis ! À Auxonne, certains maraîchers nous donnent leurs salades qu'ils estiment invendables. C'est du travail au jour le jour avec les produits frais, effectué par des bénévoles. "

" Comment se fait l'apprentissage de la langue française pour certains et l'insertion ? "
Réponse Emmaüs :
" Nous avons des bénévoles, des retraités souvent de l'Éducation Nationale. Pour l'insertion : la ville de Dijon nous prête des terrains pour cultiver des légumes. On apprend de nouveau aux compagnons à avoir des horaires, à se lever, à venir travailler. Certains sortent de ces chantiers et trouvent du travail. La production des légumes repart dans nos circuits. "


" Voyez-vous ces dernières années une évolution des gens qui viennent frapper à votre porte ? "
" Oui, des retraités qui préfèrent être en règle et payer le loyer, l'eau, l'électricité et qui n'ont plus rien pour se nourrir et même des salariés. C'est grave. "

Intervention de Roland Ponsâa, adjoint au Maire à Chenôve et nouvel élu au Grand Dijon.
" C'est vrai qu'on voit des gens jeter des choses encore récupérables et qu'il est interdit de récupérer. Je suis nouvellement élu au Grand Dijon, je ne peux pas répondre à cette question maintenant, mais je peux vous dire que je vais m'en occuper. Je peux m'engager à interpeller le Président du Grand Dijon : pourquoi ne pas mettre un camion de récupération à l'entrée ? "

" On dit que vous ne vous déplacez plus, vous la communauté d'Emmaüs, chez les particuliers parce que cela ne " vaut pas le coup " ?
" Nous faisons 560 ramassages par mois chez les particuliers pour Norges et cela gratuitement. "

Dans la salle, René précise qu'à Chenôve, il y a quatre lieux de dépôts.
Un compagnon rajoute que la communauté vient de récupérer les locaux d'Envie 21, au-dessus de la boutique d'Emmaüs, rue Paul Langevin pour y construire des logements.

(1) La Semaine du goût est soutenue par la Ville de Chenôve, l'A.C.S.E. (agence nationale pour la cohésion sociale et l'égalité des chances) et le Contrat Urbain de Cohésion Sociale. Étaient présents à cette soirée, Roland Ponsâa, conseiller général et adjoint à la mairie de Chenôve et Christiane Battistini, conseillère municipale déléguée, le Secours Catholique et le CCFD
(2) (2) La récolte !
Pour mémoire, à la M.J.C., le droit d'entrée pour une projection est de 4 euros pour les adhérents et de 5 pour les non adhérents. Ainsi les cartons se sont remplis de 16,500 kg de pâtes, 13 kg de riz, 8 kg de café, 3 kg de sucre, 2 kg de farine, 1, 8 kg de gâteaux, 3 litres de jus de fruits, 28 kg de conserves (petits-pois, haricots verts, maïs, raviolis, thon, olives, quenelles, fruits), 3 litres de lait, un litre d'huile, 2 kg de céréales, près de 4 kg d'alimentation pour bébés, 330 g de sauces diverses, un pot de mayonnaise, 250 ml de lait de toilette, 400 ml de shampooing, 800 g de Nesquick et 800 g de pâte à tartiner.

Les Restos du coeur manquent surtout de produits alimentaires pour bébés et de couches : le coût par jour pour un bébé (le prix des couches étant élevé) est en moyenne de 10 euros.
N'hésitez pas à vous rendre aux Restos du Coeur, 4 impasse Reggio (vers Ikéa) à Dijon ou à demander l'antenne la plus proche de chez vous. Tél : 03.80.78.04.46.
Communauté d'Emmaüs, route de Dijon, Norges-la-ville pour le débarras : 03.80.23.81.15.
Pour l'hébergement, route de Langres, à Norges : 03.80.35.52.77.

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