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Le Docteur Chevallier a fait salle comble pour la soirée-débat

Compte-rendu de la soirée de vendredi 17 octobre avec comme invité le Docteur Laurent Chevallier, auteur, entre autres de « Impostures et vérités sur les aliments » aux éditions Fayard.


La M.J.C de Chenôve, (2è ville de l'agglomération dijonnaise) association d'Éducation Populaire labellisée Maison du Citoyen par les Pouvoirs Publics en 1993, s'associait pour la troisième année à la semaine du goût (et à l'initiative des administrateurs bénévoles de la M.J.C.), avec pour thème " Se nourrir aujourd'hui ".
Après la soirée du mardi 14 octobre, avec le film d'Agnès Varda " Les Glaneurs et la glaneuse " suivi d'un débat avec des responsables des Restaurants du Coeur et de la Communauté Emmaüs de Norges-la-Ville (Côte d'Or), c'était au tour du Docteur Laurent Chevallier, médecin nutritionniste, intervenant notamment sur les ondes de France Inter, France 3, vendredi 17 octobre dès 18 h 30 de venir nous parler du thème :
" La santé dans l'assiette ou comment manger mieux et moins cher ?


Chantal Chapuilliot, présidente de la M.J.C. de Chenôve devait introduire le débat avec quelques réflexions.
«  Après « De l'Immigré au Citoyen » et « Les Médias », nous nous retrouvons aujourd'hui pour notre 3e soirée-débat sur des thèmes de société, conformément à la Charte de la Maison du Citoyen, et dans le cadre du Contrat de Cohésion Sociale. D'autres suivront, bien sûr.


Le thème de ce soir : « La santé dans l'assiette ou comment manger mieux et moins cher ? » est incontestablement au coeur de l'actualité. Nous sommes en pleine crise économique, financière, le pouvoir d'achat est en baisse, la croissance stagne et même recule. Chaque jour, la mère de famille se demande comment elle va pouvoir assurer la part de l'alimentation dans son budget, comment elle va pouvoir apporter les 5 fruits et légumes indispensables au maintien de la bonne santé, comme elle l'entend et le lit partout. Le taux de personnes atteintes de surcharge pondérale ou d'obésité augmente, les enfants obèses sont de plus en plus nombreux. Le diabète, les maladies cardio-vasculaires sont en progression constante. Nos dirigeants parlent de taxer, entre autres, les produits riches en acides gras ou en sucre, ces produits qui sont surtout consommés par des familles aux revenus modestes ou par des jeunes parce que moins chers. Pourquoi ne pas les interdire puisqu'ils sont reconnus mauvais pour la santé (ou susceptibles de l'être).


L'industrie agro alimentaire se fait fort de nourrir la planète entière. À quel prix ? Avec quels effets sur notre santé ? Arômes, édulcorants, exhausteurs de goût, conservateurs, acidifiants, émulsifiants, agents de texture, produits allégés, etc., la chimie remplit nos assiettes. Quelle est l'action de tous ces additifs sur notre santé, quelle est leur interaction sur notre santé ?
Les arômes si peu naturels présents dans certains aliments n'ont-ils pas des effets néfastes en trompant notre cerveau ? Les édulcorants, les produits allégés font-ils perdre du poids ou au contraire ne font-ils pas souvent grossir, en allégeant notre porte-monnaie ? Les emballages en plastique ne laissent-ils pas passer des molécules peu recommandables ? La publicité ne commence-t-elle pas à utiliser le neuromarketing pour toucher certaines zones du cerveau et permettre ainsi une plus grande manipulation des consommateurs, en particulier des enfants qui ensuite font mettre le produit dans le caddie ?


Et les acides gras trans, ces acides gras contenus dans les matières grasses végétales hydrogénées, que l'on trouve partout et surtout dans les plats cuisinés, les pâtes à pizza, les viennoiseries, les barres chocolatées dont les jeunes sont particulièrement friands !
Et les sucres ajoutés !
Qu'il est difficile de faire ses courses aujourd'hui !


Si nous prenons le temps de lire toutes les étiquettes et que nous rejetions tous ces additifs chimiques, eh bien, je puis vous assurer que nous repartons avec notre caddie vide ou presque vide. Matériellement, nous n'avons pas toujours le temps de regarder scrupuleusement la composition des aliments, nous prenons très souvent nos produits habituels. De plus, il est quasiment impossible de décrypter la liste des ingrédients qui figurent sur les étiquettes. Comment faire pour s'y retrouver ? Comment faire pour se nourrir le plus sainement possible ? Comment faire pour manger moins gras, moins salé, moins sucré et avec le moins de chimie possible ?


Se nourrir coûte de plus en plus cher. Nous consacrons une part importante du budget à ce poste. La ménagère va très souvent, par obligation, aux produits les moins chers, ce ne sont pas toujours les plus mauvais mais ce ne sont pas forcément les meilleurs.
Comment notre rapport à la nourriture va-t-il évoluer ? Et la notion de plaisir, que deviendra-t-elle ? Devrons-nous modifier notre comportement alimentaire ? Les aliments parcourent très souvent des milliers de km avant d'arriver dans l'assiette. Ne pourrait-on pas revenir à une nourriture de proximité et de saison ?
Ne serait-il pas urgent de mettre en place une éducation à l'aliment, en passant par l'école à qui l'on demande beaucoup, toujours beaucoup trop, mais n'est-ce pas par les enfants qu'il faut commencer ? Peut-être serait-il bon de remettre des cours de cuisine ou d'éducation ménagère, comme à l'époque de nos mères ?
Autant de questions que nous nous posons et bien d'autres qui seront posées par vous-mêmes après l'intervention de notre spécialiste qui a accepté de venir nous en parler.


Docteur Chevallier, vous êtes médecin nutritionniste, auteur d'un récent ouvrage intitulé « Impostures et vérités sur les aliments. « 
Pourquoi vous avoir sollicité alors que vous venez de Montpellier ? Eh bien, tout simplement parce que je vous ai entendu sur les ondes d'une radio nationale au moment de la sortie de votre ouvrage. J'ai été très intéressée par les propos que vous teniez. Vous ne faisiez pas que dénoncer toute cette chimie alimentaire et ses conséquences sur notre santé, vous ne cherchiez pas à culpabiliser le consommateur ou à le faire culpabiliser, mais vous donniez des solutions pratiques. Je me suis dit que j'avais trouvé la personne qu'il fallait pour mener à bien cette soirée sur ce thème qui me tient à coeur depuis longtemps.
Vous nous révèlerez bien sûr les aspects insoupçonnés de notre alimentation actuelle et ses effets sur notre santé. Vous nous donnerez des conseils pratiques pour consommer mieux et moins cher, problème crucial aujourd'hui. Et bien évidemment, vous répondrez aux questions que les personnes présentes ce soir attendent de vous poser.


Pour terminer la soirée, nous partagerons une collation, avec des produits, non pas totalement bio comme annoncé dans le dépliant, le Bio, le vrai, peut-il exister pleinement quand, dans le jardin ou le champ d'à côté, on a recours aux produits pesticides, insecticides ou autres ? Et puis, les produits Bio ne sont pas toujours accessibles à notre bourse, ils sont toujours plus chers que les autres.
Après les crudités, vous dégusterez des fromages de producteurs locaux et vous terminerez par des fruits. C'est la semaine du goût, alors plutôt que de faire une dégustation avec des produits onéreux, il est bon parfois de revenir à des plaisirs simples et partagés !
La plupart des fromages sont fabriqués à partir de lait pasteurisé ou thermisé (c'est, d'après les grands industriels, un lait propre à qui l'on a enlevé tous les germes et auquel on rajoute des ferments). Ce fromage n'a pas tellement de goût comparé à celui fabriqué à partir du lait cru. On dit que le camembert n'a de camembert que le nom ou encore que l'étiquette ne fait pas le fromage. Je fais allusion au conflit qui a opposé les petits producteurs de fromages au lait cru mais aussi les associations de défense des consommateurs et certains médias au grand groupe industriel Lactalis. Les scientifiques reconnaissent que le lait cru est bon pour la santé. Nous vous demanderons quel est votre avis là-dessus ?
D'autre part, d'après le résultat d'un travail mené dans des cantines scolaires par un cuisinier (Cyril Lignac) et un nutritionniste (Jean-Michel Cohen), il semble que les cantines, coincées entre budget et sécurité alimentaire, se rabattent sur l'industriel et le surgelé et en caricaturant un peu, qu'elles soient une fabrique d'obèses. Qu'en pensez-vous ?


Je remercie encore les bénévoles qui nous ont aidés à préparer cette soirée que nous avons voulue à la fois formatrice et conviviale et que je vous souhaite très bonne !
Mais avant de laisser la parole au Dr Laurent Chevallier, je voudrais vous préciser que cette initiative sur la santé et l'alimentation se prolongera pendant une année par un travail éducatif de longue haleine ( » Et la santé dans tout ça... » qui verra un groupe de sept adolescentes, aidées de deux animatrices (Sandrine Corbon, animatrice BPJEPS et Fatima Achab, médiatrice de ville travaillant à la M.J.C.) réfléchir à la manière de se nourrir aujourd'hui afin d'être bien dans son corps et dans sa tête.

La parole au Docteur Laurent Chevallier
« Je ne veux pas ce soir vous donner une vision chaotique sur l'alimentation, même si on dénonce beaucoup de choses dans l'ouvrage.
Je suis plutôt là pour vous donner des réponses. Pour commencer par la taxe obésité sur les produits gras : c'est une mauvaise idée. Dès qu'il y a un problème, on met une taxe, ce n'est pas dissuasif, en augmentant les prix, les gens ne se détournent pas du produit pour acheter du bon, même s'il y a moins d'argent. Le seul intérêt aujourd'hui, c'est de pointer du doigt les mauvais produits. Le gros problème : c'est l'alimentation industrielle, on créée partout des pulsions sans avoir faim.
Le coupable ? Rendre des cours de cuisines obligatoires à l'école et à l'initiative des individus (Éducation Nationale, élus).
Le Bio, une solution ? On peut manger bien et pas trop cher. Notre carburant : le bon et le plaisir. Il faut aujourd'hui réfléchir sur le superflu :
  • Les boissons : arrêtons l'eau en bouteille plastique, sauf pour les nourrissons ou grands sportifs ou ceux qui ont besoin de sels minéraux de sel, de calcium ou qui ne peuvent consommer des laitages (coût d'une bouteille : 0,48 centimes le litre en moyenne et de plus lourd à transporter), l'eau du robinet coûte 0,5 centime le litre et c'est économique pour la planète. Que faisons-nous de toutes ces bouteilles en plastique ? 17 % seulement sont recyclées.
  • Pour les jeunes : Il faut mener une réflexion sur les sodas. Pour la plupart, on ne connaît pas la composition. Dans une certaine boisson venue des USA, il y a l'équivalent de 40 morceaux de sucre ! Sur certaines étiquettes, il est écrit : extraits végétaux. C'est quoi ? Ce sont des édulcorants, de l'aspartame. Halte à l'aspartame qu'on trouve même désormais dans certains médicaments. Une étude sur les rats avec l'aspartame prouve que ceux qui en prennent mangent plus, car on « trompe » le cerveau et l'on mange plus. Halte au light aussi qui ne fait pas maigrir. Halte aux arômes de synthèse, quand c'est noté sur l'étiquette arôme vanille, c'est une synthèse à partir du produit de base. Éviter tout cela, tout ce qui trompe le cerveau. Halte le matin, au petit-déjeuner, à tous ces « faux » jus de fruits dans des bouteilles plastiques (pas neutre, des molécules y passent dans les aliments), ce ne sont que des vitamines ajoutées qui viennent de Chine. Buvez de l'eau ou mangez ou pressez-vous même des oranges ou pamplemousses. Halte aux céréales, on nous présente même des céréales et aux biscuits qui font maigrir ! (une nourriture « Yankee » alors qu'aux USA ils mangent de plus en plus de pain français) : on regarde à peine la composition. C'est plein d'acides gras et ce n'est pas bon pour le coeur, cela favorise le cancer du sein et de la prostate. Et puis c'est trop cher ! Évitez le superflu. Pourquoi ne pas faire soi-même son quatre-quarts, c'est la première chose que l'on doit apprendre aux enfants.
  • Cinq fruits et légumes par jour ? : C'est un slogan pour choquer les gens, déjà deux par jour, ce serait bien.
  • Se faire plaisir : Un des problèmes du surpoids, c'est de manger trop vite. Consommez plutôt du lait, du pain, un gâteau de temps en temps pour le plaisir, ne vous laissez pas piéger. Même chose avec tous ces beurres, ces margarines : c'est du marketing pur. Il faut manger du vrai beurre, pas de l'allégé, il y a trop d'eau dedans, du vrai fromage et même avec la croûte. Et l'oméga 3 : vous le trouvez dans le poisson, l'huile de noix, pas besoin d'acheter une huile ou des margarines enrichies en Oméga. Tout ce marketing essaie de nous faire croire que cela va faire diminuer votre cholestérol. On entretient un discours confus, non à tous ces produits pas bons et trop chers. Comment mangeait-on dans les années 1920 ? Les pesticides sont arrivés dans les années 1960, les additifs dans les années 80/90. Les additifs, il n'en faudrait pas plus de trois, tous ne sont pas à rejeter. Mais attention à tous les E.
  • Le E 320 s'est avéré cancérigène. Le sel avec du E 535 attention. Attention même au vinaigre et à certaines moutardes. Si dans le BIO on arrive à ne rien ajouter, pourquoi ne le fait-on pas ailleurs ?
  • Faire ses courses le ventre plein : Il faut faire ses courses le ventre plein. On remplit moins le caddie, on met moins de choses inutiles. Il faut partir en courses avec son menu établi pour la semaine et éliminer le superflu. La viande ? On en consomme trop. 80 g à 100 g (pour le fer et la vitamine B 12) par personne et trois fois par semaine suffisent et non 150 g par jour. Jusque dans les années 1990, c'était un marqueur social de manger de la viande rouge, aujourd'hui, tous les ans, la vente de viande rouge baisse de 1,6 %. La viande la plus sûre ? Le Charolais.
  • Autrefois, on n'amenait pas les bêtes à l'abattoir, on les consommait tout de suite. Pour le poisson, on peut manger du maquereau, du saumon, de la sardine, trois fois par semaine et tenter de développer les circuits courts : aller chez le producteur. Il y a aussi de bons producteurs sans être bio et qui travaillent aussi bien avec un cahier des charges très important. En grandes surfaces, tout pose problème, même le Bio et la viande, elle vient parfois de Nouvelle-Zélande, quel coût pour la planète ! Il y assez de producteurs en France. Les yaourts ? Ils sont tous aromatisés, avec des colorants, les arômes sont le cache-misère de l'industrie alimentaire. Faîtes-les vous-même et ajoutez votre confiture-maison. Qu'est-ce qu'on fait de ces milliards de pots de yaourts vides ? Le pain, aussi faîtes-le vous-même et les sauces tomate et même les pâtes (il n'y a même plus d'oeufs dans les pâtes industrielles), n'achetez que des pâtes fraîches. En Alsace et en Allemagne, il y a des petits robots qui facilitent la vie pour faire son pain et des économies. Et puis finissez votre assiette : il y a des tonnes de nourriture jetée à la poubelle, adapter vos besoins, utiliser les restes. »

    Questions salle
    « J'ai plus de 50 ans, je mange des céréales, mais j'évite tout ce qui est enrobé de chocolat, de miel, de sucre, je ne suis pas Français, alors pourquoi existe-il autant de céréales, Pouvez-vous nous faire le point ?
    Réponse Docteur Chevallier
    « Les céréales industrielles n'ont rien à voir avec ce que l'on faisait il y a vingt ans, mais je suis très respectueux des habitudes sociales et religieuses de chacun. Mangez du pain, c'est une vieille histoire et c'est riche en protéine, sauf pour ceux qui sont allergiques au gluten. »
    « Et le ketchup ? Nos enfants s'en servent énormément. J'ai même entendu à la radio que c'était bien pour nettoyer les cuirs ! »
    Réponse Docteur Chevallier
    « Je ne sais pas pour les cuirs, mais en tout cas c'est plein d'additifs. »
    Réflexion salle
    « Quand je vois des consommateurs prendre des barquettes de carottes toutes râpées et qui sont plus chères ou des salades mexicaines avec si peu de thon, je me dis si on est bête, on consomme bête et toutes ces gélatines de porc que l'on trouve même dans les bonbons. Il faut que notre tête fonctionne. »
    Réponse Docteur Chevallier
    « Attention au marketing. Même les croissants sont aromatisés au beurre. Là-aussi, c'est un savoir-faire qui se perd. »
    Intervention salle
    « On sent l'odeur du bon pain, mais est-ce vraiment du pain ?
    J'ai un ami qui a démissionné de son entreprise quand il a constaté que c'était de l'arôme de synthèse. Il y a donc des boulangeries qui diffusent ces arômes pour attirer la clientèle. Je travaillais dans une collectivité, il n'y a pas assez de temps pour manger, dix à douze minutes et il faut laisser la place aux autres. Servir dans des barquettes, pour moi ce n'est pas un plat, pas de la nourriture. On ne donne pas le goût. Ici, à Chenôve, il y a deux marchés par semaine, c'est une façon de se retrouver ensemble et de développer le goût et l'envie. On peut manger le midi pour 2 euros et 1 euro le soir. Avec 3 euros, on peut faire un repas complet. »
    Réponse Docteur Chevallier
    « C'est aux ménagères, hommes et femmes, de transmettre la valeur des choses, peu de gens aujourd'hui mangent des légumes, des légumes secs par exemple, il faut alléger les portions de viandes, utiliser les restes, sauf en collectivité où c'est interdit, allez voir tout ce qui se jette dans les poubelles. Ce que je constate, moi Docteur, c'est le nombre de cancers qui augmente chez les enfants, est-ce par rapport à l'environnement, à la nourriture ? Il faut sensibiliser très tôt les enfants à la nourriture, l'école a un rôle éducatif mais n'a pas le temps. Pendant les repas en famille, il ne faut pas parler des notes, des devoirs et encore moins regarder la télévision (la moitié des Français regarde la TV en mangeant), mais pendant le repas on doit positiver, le repas est un moment convivial. »
    Intervention salle
    « On trouve du ferrocyanure dans le sel, du E 535 dans le sel. Le problème aujourd'hui, c'est l'accumulation de trop de choses. »
    Réponse Docteur Chevallier
    « Il y a même du sulfite, un conservateur pour le vin et dans la moutarde. A-t-on besoin d'en mettre ? »
    Intervention salle
    « Il y a une grande perte de savoir et je trouve que ce serait bien d'apprendre à cuisiner à l'école. Moi, j'essaie d'appliquer déjà quelques principes avec des copains, mais il y a confrontation. »
    « Et le micro-onde ? »
    Réponse Docteur Chevallier
    « Le micro-onde est un sujet où je n'ai pas d'avis personnel tranché. Les cancérologues estiment qu'il n'y a pas de danger, rien n'est démontré. Il n'y a pas encore d'études sérieuses à ce sujet. »
    Intervention salle
    « Je suis choquée quand vous parlez de ménagère, n'oublions pas les hommes ! C'est à partager. Je constate que plus les gens ont une pauvreté culturelle, moins ils savent cuisiner. C'est de l'éducation populaire. Il faudrait des ateliers pour réapprendre, moi je ne cuisine pas parce que ma mère et ma grand-mère faisaient des conserves. »
    Intervention salle
    « Que pensez du pain ? Les sacs de farine sont déjà bourrés de produits chimiques. »
    Réponse Docteur Chevallier
    « Le pain est un vrai problème même avec le blé Bio et la conservation et tous les blés micro toxiques. À éviter, le pain du supermarché, il y a trop de rajout, le pain blanc, il y a déjà dix additifs autorisés. On badigeonne dans les grandes surfaces le pain avec des graisses animales. Le pain, c'est un savoir-faire qui disparaît. »
    Intervention salle
    « Que pensez-des « Premix », un besoin qui se développe et de la bière beaucoup consommée par les jeunes. Il faut réagir. »
    Réponse Docteur Chevallier
    « On est médusé. Il y a des réserves sur le « Red Bull », la ministre de la santé explique qu'il faut boycotter cette boisson et le produit est autorisé.
    Attention à tout ce qui est noté : extraits végétaux. Il faut tous se mobiliser, je souhaite aussi que les politiques se mobilisent là-dessus et sur les produits conditionnés. »
    Intervention salle
    « Quelle viande acheter, qu'est-ce que le Label Rouge ? Comment savoir la provenance ? J'ai acheté une choucroute ou seule la choucroute était identifiée de Morteau, le reste était noté UE ou Royaume-Uni ou bien encore origine d'Allemagne. »
    Réponse Docteur Chevallier
    « Pour la viande : mangez du Charolais et de l'Aubrac. Aujourd'hui, les agriculteurs se regroupent et vendent directement aux consommateurs, à la découpe. Un mouvement citoyen se crée. Je travaille dans des établissements psychiatriques et se réinsérer commence déjà par la nourriture. À l'école, la réflexion est à l'initiative des enseignants. »
    Intervention salle
    « On est terrifié sur ce que peut manger la femme enceinte. Il faut prendre le problème à la base et aider les enseignants. »
    « On est tenté par les différents magazines sur tous ces régimes. Pourquoi les journaux ont-ils le droit de faire de tels articles ? »
    Réponse Docteur Chevallier
    « Cela fait vendre des journaux. Je collabore à « Top Santé » et depuis peu au magazine « Elle » où l'on essaie de faire prendre conscience aux lecteurs avec des choses pas trop compliquées comme l'indice de satiété ou le problème de surpoids qui est souvent dû à une pulsion. On mange sans avoir faim. Certaines personnes ont besoin d'être « coachées », elles savent ce qu'il faut faire, mais n'y arrivent pas toutes seules. »
    Intervention salle
    « Si vous arriviez à convaincre l'Europe du côté industriel déjà pour le boeuf par exemple, qu'on peut tous se nourrir comme cela ? »
    Réponse Docteur Chevallier
    « Je crois en la valeur de l'exemple. On dénonce déjà une certaine forme d'industriels. Il y a de bons produits, certains me demandent même des conseils. Mais une réflexion de fond sur la planète s'impose. »
    Intervention salle
    « La nourriture est truffée de toxiques et personne ne dit rien, tout le monde en mange. »
    Réponse Docteur Chevallier
    « Ce qu'on reproche, c'est l'interaction, tout cela n'est pas encore bien étudié, mais il faut arrêter ce genre de choses. On va continuer à reproduire les mêmes problèmes avec les nanoparticules. Qu'est-ce que cela va devenir dans l'assiette avant toute étude ? Il faut manger le moins possibles d'aliments transformés. »
    Intervention salle
    « Et le sel dans les aliments ? »
    Réponse Docteur Chevallier
    « Le sel, on en met partout et sur le plan cardiovasculaire ce n'est pas bon. On veut savoir sur l'étiquette la vraie concentration en sel. Il ne faut pas manger plus de 5 g de sel par jour, ne pas mettre la salière sur la table. Manger moins de conserves et plus de produits surgelés. La consommation moyenne de conserves est double de ce qu'on devrait prendre. »
    Intervention salle
    « Les lobbies, c'est de vendre des plats cuisinés salés pour vendre plus de boissons aromatisées. On n'a pas toujours le temps de voir et de lire les étiquettes. Un lobby industriel c'est très lourd, les consommateurs que nous sommes, sommes donc responsables des lobbies industriels.
    Réponse Docteur Chevallier
    « L'objectif, c'est qu'on s'organise en tant que citoyen et ne pas « servir la soupe » aux grands groupes industriels. Par exemple, « on veut la peau » de la directrice du journal « 60 millions de consommateurs ». En sortant ce livre, on a essayé de « m'acheter ». J'ai tout refusé. Sur des émissions, on faisait venir un professeur de Paris pour me contredire. On veut juste éviter les problèmes de l'alimentation. Je suis sous surveillance dans tout ce qui paraît dans la presse, mais le « Canard Enchaîné » reprend mes informations. Il manque une volonté politique forte autant à gauche qu'à droite. On doit s'organiser pour ne pas tomber dans le piège de la télévision. On a une méconnaissance de ce que l'on mange, mais même à Lidl, il y a des bons produits, mais les gros industriels veulent continuer à faire leur marge. Il faut engager un travail avec des psychologues, des nutritionnistes, de plus en plus de cabinets se montent. »
    Intervention salle
    « Je suis d'Afrique et il n'y a aucun produit chimique. Les enfants ne mangent pas de chocolat, pas de bonbons. On va se servir sur l'arbre pour les fruits et tout le monde vieillit bien et avec toutes ses dents ! »
    Intervention salle
    « Faut-il manger les fruits avec la peau ? »
    Réponse Docteur Chevallier
    « Oui mais du Bio car il y a beaucoup de vitamines et de minéraux dans la peau. »
    Intervention salle
    « Les légumes congelés, comment sont-ils conservés ? »
    Réponse Docteur Chevallier
    « C'est un très bon mode de conservation, il n'y a pas de problème, il y a moins de vitamines car ils sont blanchis, mais la congélation est le meilleur moyen de conservation. »
    Intervention salle
    « Beaucoup de légumes et de poissons d'élevages arrivent désormais de Chine. C'est inquiétant. »
    Réponse Docteur Chevallier
    « C'est un vrai problème et c'est dans les scandales à venir. On s'aperçoit que les légumes venant de Chine ont des pesticides même pas autorisés en Europe. La presse s'empare de ce sujet. Avec les mangues d'Afrique, il n'y a pas de problème, puisque les Africains n'ont pas les moyens de les traiter. »
    « Souvent, dans les grandes surfaces, on ne trouve pas l'origine du produit. »
    Réponse Docteur Chevallier
    « Cela ne gêne pas les grandes surfaces, l'amende est tellement minime. »
    Intervention salle
    « Peut-on remplacer le lait, par du lait de soja, que pensez-vous de l'huile d'olive et du poisson en boîte ? »
    Réponse Docteur Chevallier
    « Je ne suis pas trop pour le soja, je suis encore dans le doute. En trop grande consommation, il paraît que cela diminue le nombre de spermatozoïdes. Le soja, c'est plutôt pour les femmes à l'âge de la ménopause mais ce n'est pas le mieux, il vaut mieux boire de l'eau de Contrex. L'huile d'olive a un déficit d'apport en acides gras, il faut mélanger huile d'olive et huile de colza...Mais pas trop. Elles résistent à la chaleur. Les sardines sont un aliment complet, surtout avec les arêtes. »
    Intervention salle
    « Le fromage au lait cru est-il bon pour la santé ? »
    Réponse Docteur Chevallier
    « Le lait cru est plus goûteux et bien meilleur, il est juste à éviter pour les femmes enceintes. Le lait cru, c'est le patrimoine comme les fromages au lait cru à consommer avec la croûte, 30 g deux fois par jour. Le lait pasteurisé est bien aussi, sauf pour le cholestérol. Éviter la charcuterie aussi et si quelqu'un se met au régime, il faut que toute la famille s'y mette, participe en même temps. »
    Intervention salle
    « Quand je mange un fruit avec la peau, j'ai des aphtes, avec ceux de mon jardin, non. Alors qu'est-ce qu'on met comme produit dessus ?
    Réponse Docteur Chevallier
    « Pour un fruit « conventionnel », il y a déjà vingt traitements et les fruits sont conservés dans des réfrigérateurs à zéro degré et à saturation de gaz carbonique. Les oranges d'Espagne sont cirées et même au nom de l'Europe, on ne peut pas empêcher l'importation. »
    Intervention salle
    «  Même en lavant fruits et légumes, les traitements ne partent pas. »
    Réponse Docteur Chevallier
    « La directive européenne a décidé d'augmenter les pesticides.
    C'est une honte. Des poulets qui viennent des USA sont même javellisés, oui trempés dans de l'eau de javel pour éviter les microbes et ensuite ils sont congelés. Les USA veulent nous les vendre en échange d'un accord, mais la commission européenne repousse cet échange, à priori cela ne devrait pas passer. »
    Intervention salle
    « Et les camions qui passent sous des portiques ? »
    Réponse Docteur Chevallier
    « C'est pour assurer la conservation. On n'est pas contre le progrès, mais là, on n'en a pas besoin. On ne veut pas qu'on nous « joue » le coup de l'amiante dans quelques années.
    Intervention salle
    « Que pensez-vous de la saumonette passée dans des bains d'ammoniaque ?»
    Réponse Docteur Chevallier
    « Le poisson doit se manger frais. On le sent avant de l'acheter et quand il sent l'ammoniaque, on ne le prend pas. »
    Intervention salle
    « Et les OGM ? »
    Réponse Docteur Chevallier
    « Ma position est assez nuancée, on ne peut pas mettre tous les OGM dans le même sac. Certains produisent de l'insuline pour les diabétiques. Les scientifiques se déchirent donc au niveau des connaissances qui ne sont pas encore suffisantes. Par contre, l'aspartame a démontré des retards mentaux chez les enfants. »
    Intervention salle
    « Et l'aluminium ? »
    Réponse Docteur Chevallier
    « Peu passe dans les aliments, mais effectivement autant utiliser du papier sulfurisé. »
    Intervention salle
    « Les régimes à la mode ce sont les protéines végétales, qu'en pensez-vous ? »
    Réponse Docteur Chevallier
    « Je suis contre. Il y a 95 % d'échecs. On déséquilibre la ration, c'est un forcing terrible. Il suffit de manger plus léger le soir, sinon on stocke, il ne faut pas traumatiser son corps avec divers régimes. Le matin : on garde ses habitudes du petit-déjeuner, le petit-déjeuner français est très bien, pain, beurre, confiture. »
    « Quelle huile pour les frites ? »
    Réponse Docteur Chevallier
    « Les friteuses qui en utilisent le moins et puis la frite est un corps gras et salé.
    En conclusion à éviter :
  • Le surpoids des enfants
  • Pas de régime
  • Pas de sodas
  • Négocier avec soi au fur et à mesure. »

    La Semaine du goût est soutenue par la Ville de Chenôve, l'A.C.S.E. (agence nationale pour la cohésion sociale et l'égalité des chances) et le Contrat Urbain de Cohésion Sociale.

    Participaient également à la soirée, M. Roland Ponsaa, adjoint au Maire et conseiller général, Marie-Paule Cros, adjointe au Maire, Bernard Buigues, Claudine Dalmolin et Didier Haberkorn, conseillers municipaux.

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