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Le pourquoi d'une protestation massive

Nous y étions nombreux ! Où ça ? Eh bien, dans la rue, en plein coeur de Dijon au milieu d'environ 18 000 autres manifestants, secteurs public et privé confondus. Quand ça ? Le jeudi 29 janvier dernier dès 14h et jusqu'à 17h !


La journée nationale d'action intersyndicale s'annonçait puissante. De fait, plus de 2 millions de personnes sont descendues dans la rue pour manifester leur crainte au moment où le pays connaît une crise économique majeure. Mais surtout pour signifier le raz le bol des mesures gouvernementales qui ne correspondent qu'à un seul objectif : la casse des services publics sous le prétexte de la Révision Générale des Politiques Publiques, la fameuse R.G.P.P.
A côté d'autres secteurs d'activité (trois fonctions publiques, industrie, commerce, artisanat, etc.), l'Economie Sociale connaît de sérieuses difficultés pour cause de retrait de l'Etat et d'abandon de certaines politiques publiques.
Il est vrai que l'Etat a annoncé la couleur : les caisses sont vides, le déficit national est abyssal !


Il faut donc actionner ce qui apparaît à ses yeux comme la seule variable d'ajustement : le salariat du privé comme du public.
Partout le même argument : les moyens sont là mais ils sont mal utilisés !
Alors sous prétexte de rationalisation et de réforme, on procède à des coupes sombres, on redimensionne le format de la justice, des armées, de la police, de la gendarmerie, de la santé, de l'éducation, de la culture, de la vie associative.
Cela suscite une légitime et vaste mécontentement ! Depuis le 29 janvier, la protestation qui monte de l'ensemble d u pays est on ne peut plus visible.


En ce qui concerne notre secteur d'activité qui se revendique de l'Education Populaire, les perspectives sont particulièrement alarmantes. Depuis le projet de loi de finances 2009, les mesures sont annoncées : amputation à hauteur de 15 % des crédits dédiés aux conventions avec les associations de jeunesse et d'Education Populaire ; suppression progressive mais dans un délai très court de la totalité des postes d'enseignants détachés dans les associations complémentaires de l'Ecole Publique ; diminution, avant la disparition annoncée, des aides financières consacrées à la transmission des savoirs et à la démocratisation de la Culture ; suppression de nombreux postes Fonjep ; disparition, dès cet été, de l'Institut National de la Jeunesse et de l'Education Populaire (I.N.J.E.P.).
Le message de l'Etat est clair : il faut "liquider" l'Education Populaire !
Bien évidemment, toutes ces orientations auront des conséquences dans nos villages et nos villes, particulièrement dans les quartiers dits sensibles.
La crise économique dans laquelle nous nous engageons (nous n'en sommes qu'au tout début) va avoir de très lourdes conséquences sur les individus les plus fragiles, les plus isolés, les moins armés pour trouver la ou les solutions pour réussir leur insertion sociale et professionnelle.
Sans être des oiseaux de mauvais augure, on peut penser que de fortes turbulences sont en gestation en particulier du côté d'une jeunesse sans perspective autre que le chômage et le chacun pour soi et donc exposée au désespoir : no future....


C'est en quelque sorte pour signifier que nous sommes conscients de ce risque et pour montrer notre solidarité auprès de celles et de ceux (étudiants, fonctionnaires, salariés du privé, licenciés, retraités) qui sont déjà touchés par les restructurations, les fonds pourris, les délocalisations, les mesures administratives brutales, et autres avatars, que tous les salariés de la M.J.C. se sont mobilisés, ainsi que la Présidente de l'Association, accompagnée d'une autre représentante du CA, pour rejoindre le cortège impressionnant de toutes celles et de tous ceux qui tenaient à exprimer leur inquiétude et leur désaccord, leur refus de supporter les conséquences d'une crise dont sont responsables, à l'échelle de la planète entière, les tenants et, plus encore, les acteurs principaux d'un marché totalement dérégulé.


Et nous n'étions pas seuls ; plus d'une soixantaine de personnes issues des M.J.C. de Côte d'Or, plus de deux cents pour l'ensemble des mouvements d'Education Populaire, s'étaient également mobilisées pour signifier leur fort mécontentement. Comme plus de deux millions d'autres citoyens dans ce pays !
Il se pourrait bien que tous ceux-là se retrouvent à nouveau, encore plus nombreux ?

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