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"La rafle"

Projection du film "La Rafle" réalisé par Rozeline Bosch le mardi 20 avril 2010 à 20 heures et le mercredi 21 avril à 14h30. Tarifs : 5 € / 4 € (adhérents)

Séance spéciale : Jean VIGREUX, historien, professeur d'histoire contemporaine à l'Université de Franche-Comté interviendra le mardi 20 avril 2010 pour la séance de 20 heures. Il nous éclairera sur le contexte historique et social de ce long métrage.

Fiche du film :


Long-métrage français. Genre Historique, Drame
Durée 1h55 min
Réalisé par Roselyne Bosch
Avec Mélanie Laurent, Jean Reno, Gad Elmaleh

L'histoire :
Joseph a onze ans.
Et ce matin de juin, il doit aller à l'école, une étoile Jaune cousue sur sa poitrine...
Il reçoit les encouragements d'un voisin brocanteur. Les railleries d'une boulangère.


Entre bienveillance et mépris, Jo, ses copains juifs comme lui, leurs familles, apprennent la vie dans un Paris occupé, sur la Butte Montmartre, où ils ont trouvé refuge.
Du moins le croient-ils, jusqu'à ce matin de 16 juillet 1942, ou leur fragile bonheur bascule...
Du Vélodrome d'Hiver, où 13 000 raflés sont entassés, au camp de Beaune-La-Rolande, de Vichy à la terrasse du Berghof, La Rafle suit les destins réels des victimes et des bourreaux.
De ceux qui ont orchestré.
De ceux qui ont eu confiance.
De ceux qui ont fui.
De ceux qui se sont opposés.
Tous les personnages du film ont existé.
Tous les évènements, même les plus extrêmes, ont eu lieu cet été 1942.

Quelques anecdotes sur le film :

  • Genèse du projet


    L'idée de faire un film sur la rafle du Vel' d'Hiv' vient du producteur Ilan Goldman. "Depuis des années, Ilan me parlait de cette rafle, elle l'obsédait, confie la réalisatrice Roselyne Bosch. Quant à moi, le fait qu'il n'y ait aucune image - juste une photo des bus vides devant le Vel' d'Hiv' - me bouleversait. Je ne suis pas juive, mais nous avons beaucoup en commun, et surtout... des enfants ! Des enfants bi-culturels qui auraient pu être persécutés. Je crois que leur existence est ce qui m'a fait considérer la Seconde Guerre mondiale et l'Holocauste d'un point de vue radicalement différent... Ce qui fait de la Seconde Guerre mondiale une guerre complètement à part, c'est l'Holocauste. Mais à l'intérieur de cette exception atroce, c'est la première fois que des adultes s'attaquent spécifiquement à des enfants. Avec pour objectif de les anéantir. C'est unique dans l'Histoire du monde, dans ces proportions. 1,5 millions d'entre eux ont ainsi péri. En fait, c'est une des raisons qui m'ont poussée à faire le film – et à le faire du point de vue des enfants. Mais j'ai longtemps pensé qu'un tel film serait impossible. "

  • Avec l'aide de Serge Klarsfeld


    Pour se documenter sur la rafle du Vel' d'Hiv', la réalisatrice Roselyne Bosch s'est adressée à Serge Klarsfeld qui n'a eu de cesse, depuis 25 ans, de recenser les victimes. " Il est capable de vous dire : " Voilà qui est parti, par quel convoi, avec qui, à quelle date...", confie la cinéaste. Mais il s'était occupé des morts. Et moi, je cherchais des survivants. Et puis ce qui intéresse un historien n'est pas forcément ce qui intéresse le cinéaste. Serge Klarsfeld a été en revanche un formidable conseiller historique lorsque j'ai abordé l'extrême complexité des relations entre Vichy et les autorités allemandes. On peut parler de " marchandage " humain. Les chemins de fer français adressaient des " factures " à Berlin, c'était " tant " par tête de juif transporté jusqu'à la frontière allemande. "

  • Annette Monod, une infirmière qui a réellement existé...


    Annette Monod, l'infirmière qu'incarne Mélanie Laurent à l'écran, est le premier personnage réel que la réalisatrice Roselyne Bosch a identifié. "Je suis tombée sur des interviews radio et télé d'une infirmière qui, à la fin de ses jours - elle est morte en 1995 - avait accepté de raconter ce qu'elle avait vu, confie la cinéaste. Annette Monod, envoyée au Vel' d'Hiv', s'est rendu compte de la catastrophe sanitaire en cours, de l'injustice. Elle a organisé l'arrivée des internés dans les camps du Loiret, elle est restée avec eux, elle a même envisagé de partir avec eux, sans savoir que c'était pour les camps de la mort. Quand elle l'a appris, elle a été hospitalisée quatre mois. Mais elle n'a jamais abandonné sa mission. A la fin de la guerre, elle était au Lutétia pour accueillir les survivants. Aujourd'hui, elle fait partie des "Justes parmi les nations", ces non-Juifs qu'honore Israël pour avoir sauvé des juifs pendant la guerre. Une femme incroyable : après guerre, elle est devenue visiteuse de prison pour les condamnés à mort, jusqu'à son abolition en 1981. A sa retraite, elle a milité pour Amnesty International contre la torture. J'aurais voulu en savoir davantage, mais elle est morte sans enfant. Je lui dois aussi le petit garçon que j'ai baptisé " Nono ", qui ne veut pas monter dans le train... c'était son protégé. Il s'appelait Jacquot, il avait 3 ans, et elle n'a jamais su son nom de famille. Lorsqu'on l'a mis dans le train, il criait : " Je veux descendre, je ne veux pas rester dans le noir ! ", toutes ces phrases que j'ai fait dire ensuite à "mon" Nono. "

  • Un film basé sur le témoignage de Joseph Weismann
    La réalisatrice Roselyne Bosch raconte comment elle a trouvé " son " enfant principal, Jo Weismann, ce survivant dont elle voulait faire l'un des héros de son film : "Dans un documentaire qui datait de 15 ans. J'étais découragée. Je me suis forcée à voir ce xième document. Puis, soudain, j'entends un homme, Joseph Weismann, dire : " On vivait à Montmartre ... On était rue des Abbesses, on est venu nous chercher... Trois ou quatre jours plus tard, on nous a emmenés à la gare d'Austerlitz... Et puis, on est arrivés dans le camp de Beaune-La-Rolande " Non, ce n'est pas possible ! Le seul cas d'enfant qui a survécu au camp que je connaisse, c'est un bébé de 6 mois qu'on a caché dans une soupière pour le faire sortir. Joseph Weismann poursuit. " J'ai trouvé un copain qui s'appelait Joseph Kogan et on a décidé de s'évader, on est passés sous 5 mètres de barbelés ". Submergée par l'émotion, je l'entends dire : " Si quelqu'un, un jour, fait un film sur ce qui nous est arrivé...", et puis il se reprend : " Non, je pense que personne n'osera, on est hors de l'humain ". C'était lui ! Bien sûr, tout de suite, j'appelle Klarsfeld qui me dit qu'il n'en a jamais entendu parler."

  • Le choix de Jean Reno et Gad Elmaleh


    Jean Reno et Gad Elmaleh s'illustrent ici dans un registre qu'ils n'ont guère exploré jusqu'à présent. "Pour moi, Jean Reno était le Dr. Sheinbaum, confie la cinéaste. Il dégage ce grand calme, cette humanité. En plus, Jean a d'immenses mains comme beaucoup d'obstétriciens, ou de pédiatres ! Il a une espèce de noblesse qu'il transporte partout avec lui, y compris dans Les Visiteurs. Cette espèce de chevalier juif, pour moi, ça ne pouvait être que lui. Gad a un fils de l'âge des miens et quand j'ai vu comment il se comportait comme père, comment il racontait des blagues à son fils qui avait peur en avion, il m'a beaucoup ému. Schmuel est un optimiste, un homme confiant, comme l'ont d'ailleurs été la plupart des juifs à cette époque-là. Tout ça parlait à Gad bien sûr, mais il avait un peu peur, ne serait-ce que parce qu'il est séfarade et pas ashkénaze et qu'il craignait de ne pas être crédible en immigré juif polonais... On lui disait : "Tu vas voir, avec tes petites lunettes cerclées, on va te "Bengourioniser" ! ". Au premier rendez-vous, il n'arrêtait pas de s'indigner, de s'asseoir et de se relever, de marcher de long en large ... Toute cette colère, toute cette émotion a nourri son travail pendant le tournage. Gad est extrêmement sensible, il rit beaucoup parce que, peut-être, les larmes ne sont pas loin... "

    Avis de la presse :


  • "Portée par l'interprétation tendue et déchirante de Mélanie Laurent, La Rafle fait ressurgir un pan peu glorieux du passé de la France sous l'Occupation, mais est magnifié par le courage de ceux que l'on nommera les "Justes"." Olivier Delcroix - Le Figaroscope

  • "Servi avec retenue par une pléiade d'acteurs (...), La Rafle fait oeuvre utile." Arnaud Schwarz - La Croix

  • "C'est impressionnant, spectaculaire, prenant. Avec des interprètes qui (...) trouvent leur force expressive dans la pudeur, la retenue et la sincérité d'un film nécessaire." La Rédaction - Ouest France

  • "La qualité d'émotion est extraordinaire : impossible de rester insensible au spectacle de cette honte. Pourquoi sommes-nous si lents à examiner les zones sombres de notre Histoire ? La Rafle est un film qui fait honneur au cinéma français." Francis Forestier - TéléCinéObs

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