"L'homme de la cave"

Mardi 30 novembre 2021

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Projection du film "L'homme de la cave" de Philippe Le Guay le mardi 30 Novembre octobre 2021 à 20h30 et le mercredi 1er décembre à 14 heures. Tarifs : 5.50€ / 4.50€ (adhérents MJC).
Important : Pass' Sanitaire obligatoire.

Important : Pass' Sanitaire obligatoire pour les personnes de + 12 ans.

Fiche du film :


Thriller réalisé par Philippe le Guay
Avec François Cluzet, Jérémie Renier, Bérénice Bejo
Durée : 1h54 min

L'histoire :
A Paris, Simon et Hélène décident de vendre une cave dans l'immeuble où ils habitent. Un homme, au passé trouble, l'achète et s'y installe sans prévenir. Peu à peu, sa présence va bouleverser la vie du couple.

Quelques anecdotes sur le film :

Une histoire vraie...


Dans les années 2000, un couple d'amis proches de Philippe Le Guay a décidé de vendre leur cave à un homme qui souhaitait entreposer des archives. Ils ne se sont méfiés de rien et ont donné la clé en même temps qu'ils ont encaissé le chèque. Ce qu'ils n'avaient pas prévu, c'est que l'homme s'installerait physiquement dans la cave. Le réalisateur se rappelle :

"Cette vente banale s'est transformée en un véritable cauchemar. L'acquéreur s'est révélé être un néo-nazi pur et dur, un des piliers du négationnisme en France. Quand le couple a voulu annuler la vente, c'était trop tard. Sans le savoir, ils avaient scellé la vente puisque dans le droit français 'tant qu'il y a accord sur la chose et sur le prix, la vente est conclue'. Même si l'acte notarié n'a jamais été signé."

"Mes amis ont entrepris de casser la vente, ils ont eu recours à une première procédure, il y a eu un procès... et ils ont perdu. Il a fallu réengager un autre avocat et reprendre tout à zéro. Ça a duré plus de deux ans. Je me suis intéressé à cette histoire en 2009, alors que l'homme de la cave venait d'être expulsé. Mes amis ont subi un tel traumatisme que leur couple a explosé, alors qu'ils s'adoraient.


Contre-emplois


Avec L'Homme de la cave, François Cluzet, habitué aux personnages sympathiques, retrouve un registre dans lequel on l'a vu plus rarement. Le comédien s'était notamment illustré en homme particulièrement inquiétant dans "L'Enfer" de Claude Chabrol, en 1994.

Le négationnisme au cinéma
S'il y a eu d'innombrables nazis au cinéma, le négationniste y est plus plus rare car plus difficile à représenter. Philippe Le Guay raconte : "Un film anglais Le Procès du siècle met en scène un Faurisson anglais, hautain et ignoble. J'ai voulu prendre le contrepied de ce personnage. Mon Fonzic est un misérable, un homme démuni, qui n'a nulle part où aller. Pendant l'Occupation, pour échapper aux rafles, de nombreux juifs se cachaient dans les caves... C'est du reste cette histoire que raconte Truffaut dans Le Dernier métro."

Un lieu d'angoisse


Philippe Le Guay a voulu représenter la cave au centre du film de manière angoissante, avec une chaudière assimilée à une bête tapie : "On parle souvent des boyaux de la terre, nous avons reconstitué un labyrinthe, un chemin de couloirs, avec les canalisations qui suintent. Cet imaginaire de la cave, qui évoque Edgar Poe ou Kafka, renvoie aussi à un grand cinéaste comme Fritz Lang."

"Il suffit de se souvenir de nos impressions d'enfant quand nous devions aller à la cave. La peur est viscérale. C'est un lieu qui s'adresse plus à nos tripes qu'à notre intelligence. Car la cave est un lieu d'angoisse et de fantasme : chaque fois que la caméra s'y aventure, on a le sentiment de traquer un fantôme"
, confie le cinéaste.

Avis de la presse :

  • "D'une maîtrise absolue, L'Homme de la cave flirte par moments avec un fantastique polanskien et propose une réflexion troublante sur le négationnisme, très rarement mis en scène au cinéma." (Positif - Jean-Philippe Domecq)

  • "Servi par une distribution impeccable, L'Homme de la cave a l'intelligence de ne jamais être caricatural." (20Minutes - Caroline Vié)

  • "Un film d'intérêt public sur le négationnisme." (Marianne - Olivier De Bruyn)