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"Annie colère"

Projection du film "Annie colère" de Blandine Lenoir le mardi 10 Janvier 2023 à 20h30 et mercredi 11 Janvier à 14 heures. Tarifs : 5.50€ / 4.50€ (adhérents MJC).


Fiche du film :
Comédie dramatique française
Réalisé par Blandine Lenoir
Avec Laure Calamy, Zita Hanrot, India Hair

L'histoire :
Février 1974. Parce qu'elle se retrouve enceinte accidentellement, Annie, ouvrière et mère de deux enfants, rencontre le MLAC – Mouvement pour la Liberté de l'Avortement et de la Contraception qui pratique les avortements illégaux aux yeux de tous. Accueillie par ce mouvement unique, fondé sur l'aide concrète aux femmes et le partage des savoirs, elle va trouver dans la bataille pour l'adoption de la loi sur l'avortement un nouveau sens à sa vie.

Quelques anecdotes sur le film :

Le MLAC


Cet acronyme désigne le Mouvement pour la Liberté de l'Avortement et de la Contraception. Il a été fondé en 1973 par des médecins militant·es et des féministes, en réaction aux centaines de décès provoqués par des avortements clandestins. À cette époque, les principales méthodes de contraception restaient le retrait et Ogino (période d'abstinence sexuelle pendant la période de fécondité de la femme). Le MLAC réclamait la diffusion d'une information sexuelle, la liberté de la contraception et de l'avortement. Allant à l'encontre de la loi, les bénévoles ont pratiqué pendant près de 18 mois à travers la France des avortements grâce à la méthode Karman, qui consiste à aspirer le contenu de l'utérus à l'aide d'une canule. L'association organisait aussi des voyages pour avorter à l'étranger pour celles qui avaient dépassé 8 semaines de grossesse. Face à l'ampleur du mouvement, le gouvernement n'a eu d'autre choix que de faire voter la loi pour la légalisation de l'avortement en 1975.

Un mouvement oublié


Avec Annie Colère, Blandine Lenoir souhaitait mettre en avant l'histoire du MLAC, dont elle n'a elle-même découvert l'existence qu'il y a une dizaine d'années. "Le MLAC a contribué de manière décisive au changement de la loi sur l'avortement, mais il a été invisibilisé. On apprend le roman national avec les « grands hommes », en l'occurrence ici une « grande femme » : tout le monde connait le combat héroïque de Simone Veil, mais on a oublié les militant·e·s qui ont poussé Giscard d'Estaing à modifier la loi."
Il existe des documentaires français sur l'avortement comme "Regarde, elle a les yeux grands ouverts", qui est un travail collectif des membres du MLAC d'Aix avec Yann Le Masson, et Histoires d'A de Charles Belmont et Marielle Issartel, militant pour la libéralisation de l'avortement et de la contraception. Mais le fonctionnement du mouvement et son histoire n'avaient pas été mis en images. La réalisatrice affirme : "Le récit historique est un rapport de force, il y a un récit manquant, un récit à renouveler. L'histoire du MLAC fait partie de l'histoire politique de la France. Avec ce film, je veux rendre grâce à ces femmes qui ont lutté pour notre liberté, qu'on se souvienne que les lois s'arrachent de haute lutte !"

Les scènes d'avortement


La réalisatrice tenait à se distinguer de la représentation habituelle des avortements dans les fictions. Elle voulait éviter le glauque et le tragique et montrer cette pratique comme un soulagement. "Mon envie était de représenter l'avortement autrement, arrêter de stigmatiser les femmes qui avortent. [...] Je voulais absolument montrer la tendresse qui existait pendant ces avortements – comment on se parle, comment on se regarde, comment on se touche dans un moment pareil." Elle ne voulait pas non plus montrer des images chocs : "ça n'aurait pas été réaliste : c'était des avortements très propres, il n'y avait pas de sang."

Avis de la presse :

  • "Un film choral emballant, où brille, une fois encore, Laure Calamy." (Ouest France - Thierry Cheze)


  • "À travers le personnage d'Annie, qui a tout à découvrir, le spectateur est accompagné dans ce parcours initiatique fourmillant d'informations, aussi bien politiques que techniques, sans jamais déplacer l'humain de son centre." (Bande à part - Jenny Ulrich)

  • "A l'heure où les droits sont menacés, où l'extrême droite met en péril les conquêtes sociales et où l'avortement est contesté (Hongrie, Etats-Unis) voici un film nécessaire et juste." (L'Obs - François Forestier)

  • "La cinéaste Blandine Lenoir signe un troisième film joyeusement féministe qui retrace avec bienveillance le combat des femmes pour l'avortement dans la France des années 1970, à quelques mois du passage de la loi Veil. Laure Calamy y est formidable." (Le Figaro - Olivier Delcroix)

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